<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-737088949471786834</id><updated>2012-01-22T05:34:57.086+01:00</updated><category term='Bovarysme'/><category term='Nathalie Heinich'/><category term='Balzac'/><category term='Goody'/><category term='Foutage de gueule'/><category term='Vasari'/><title type='text'>...</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://italiansbetter.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/737088949471786834/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://italiansbetter.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Tintin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17605516034841648923</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>4</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-737088949471786834.post-5214988847576351613</id><published>2009-12-10T01:53:00.013+01:00</published><updated>2010-01-20T11:25:34.206+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nathalie Heinich'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Balzac'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vasari'/><title type='text'>Des tics d’Heinich</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyAu8w_yxSI/AAAAAAAAC4c/BrE16m_FdLc/s1600-h/Auspicious+cranes+%281132%29.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 320px; height: 223px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyAu8w_yxSI/AAAAAAAAC4c/BrE16m_FdLc/s320/Auspicious+cranes+%281132%29.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413378373578835234" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:85%;" &gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Grues de bonne augure&lt;/span&gt;, Empereur Huizong, 1112&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Mon &lt;a href="http://italiansbetter.blogspot.com/2009/10/nathalie-heinich-le-betisier-de-la.html"&gt;précédent article sur &lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: georgia;"&gt;&lt;a href="http://italiansbetter.blogspot.com/2009/10/nathalie-heinich-le-betisier-de-la.html"&gt;L’Élite artiste&lt;/a&gt; &lt;/i&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;a généré beaucoup de commentaires, y compris de la part de l’intéressée qui a tenu à y répondre. Cela étant, cet article a suscité aussi beaucoup de malentendus : on a cru que j’avais des comptes à régler et on a pensé que j’étais un militant de la cause homosexuelle qui voulait bâillonner une ancienne opposante au Pacs. C’est tellement plus simple ! Chaque fois que quelqu’un se livre à l’exercice de la critique, il faut toujours qu’on en explique le principe en recourant à des « arrières-mondes », pour parler comme Heinich – une fois n’est pas coutume. Je me souviens ainsi que lorsque je formulais des critiques sur le fonctionnement de mon ancien travail, ma chef me demandait parfois si, à tout hasard, je n’étais pas malheureux dans la vie ! Je pense que si j’avais été dépressif et insomniaque, avec une jambe en moins, elle aurait davantage supporté et relativisé mes critiques. Et que ceci aurait, à coup sûr, « expliqué » cela.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Je tiens tout d’abord à préciser que, comme beaucoup de lecteurs de Nathalie Heinich, j’ai lu &lt;i style=""&gt;L’Élite artiste &lt;/i&gt;il y a quelques années, et qu’à l’époque de ma lecture, j’avais accumulé beaucoup de notes qui seraient restées enfouies dans la mémoire de mon ordinateur si, entre-temps, l’auteure elle-même n’avait pas voulu asséner des leçons de vertu épistémologique à la terre entière. S’il est toujours sain de dénoncer les erreurs de ses collègues, de combattre le goût pour les généralités, de lutter contre les anachronismes, etc., encore faut-il être soi-même irréprochable et ne pas empiler, à longueur de livres, généralités sur généralités et erreurs globales dans la périodisation des phénomènes qu’on se propose d’étudier. Comme je l’avais promis dans mon précédent billet, je compte montrer cette fois comment Nathalie Heinich a construit un modèle qui, loin d’éclairer l’histoire du statut de l’artiste, l’a obscurcie plus qu’autre chose.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyAwalYs86I/AAAAAAAAC4k/8ycwM12yG4s/s1600-h/du+peintre+%C3%A0+l%27artiste.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 198px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyAwalYs86I/AAAAAAAAC4k/8ycwM12yG4s/s320/du+peintre+%C3%A0+l%27artiste.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413379985369789346" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;1. Nathalie Heinich est sociologue de l’art et sociologue de l’identité. Ces deux qualités qu’elle réunit ont très fortement orienté ses recherches puisqu’elle s’est toujours davantage intéressée au « statut » des créateurs plutôt qu’aux œuvres produites par ces derniers, ce qui est, bien sûr, tout à fait légitime quand on est sociologue. Mais quand Nathalie Heinich parle des artistes, il faut faire attention : c’est une sociologue qui ne parle quasiment jamais de l’histoire de la musique, du chant, de la danse, du spectacle vivant, de la sculpture, de la gravure, de l’architecture, etc., aussi ses analyses se focalisent-elles sur une toute petite catégorie d’artistes, les peintres, à partir desquels elle procède par extrapolation. Ce glissement du particulier au général n’est pas sans poser de réels problèmes, surtout de la part de quelqu’un qui considère les généralités comme une forme caractérisée de bêtise. Ainsi donc Nathalie Heinich a construit un modèle ternaire qui est devenu une des clés de voûte de sa sociologie de l’art : pour rendre compte des différentes figures d’artistes qui se sont succédé, elle tente d’articuler trois régimes qui, selon elle, caractérisent l’activité des peintres : tout d’abord, le « régime artisanal », ensuite le « régime professionnel » et, pour finir, le « régime vocationnel ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Avant d’aller plus loin, il faut dire deux mots sur cette façon qu’a Nathalie Heinich de penser en comptant jusqu’à trois. Le chiffre trois est en effet récurrent chez cette auteure. Ceci inspire le soupçon car lorsqu’une forme de pensée en base trois est aussi fréquente, on est en droit de se dire qu’il s’agit moins d’une caractéristique de la structure de la réalité qu’une composante de la structure de la pensée de l’observatrice : l&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;’&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;histoire de l&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;’&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;art connaît trois phases (classique, moderne, contemporaine) ; le plan de &lt;st1:personname productid="La Gloire" st="on"&gt;&lt;i style=""&gt;La Gloire&lt;/i&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;i style=""&gt; de Van Gogh&lt;/i&gt; est structuré en trois parties (déviation, réconciliation, pèlerinage) ; le monde de l’art contemporain &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;–&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; relisez &lt;i style=""&gt;Le Triple Jeu de l’art contemporain&lt;/i&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;–&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; est tripartite&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;(production, médiation, réception) ; tout comme son ontologie diachronique des œuvres (fétiche, relique et œuvres d’art) ; de même que les différentes sortes de ratage (faute, erreur, échec) ; la problématique identitaire connaît elle aussi trois variables (auto-perception, représentation, désignation) ; dans son histoire de la sociologie, se succèdent &lt;i style=""&gt;trois&lt;/i&gt; générations de chercheurs ; dans &lt;i style=""&gt;Mères-filles&lt;/i&gt;, il ne faut surtout pas perdre de vue le « tiers » ; dans sa &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sociologie de Norbert&lt;/span&gt; &lt;i style=""&gt;Elias&lt;/i&gt;, il y a « trois paradoxes de la société de cour » ; dans son &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pourquoi &lt;/span&gt;&lt;i style=""&gt;Bourdieu&lt;/i&gt;, il est question d’un « triplé gagnant », etc., etc. Tout marche toujours par trois. Y compris quand elle rend compte des travaux de ses collègues : ainsi a-t-elle pu repérer &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;« &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;trois sociologies&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; »&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; distinctes dans l&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;’&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;œ&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;uvre de Bruno Latour (voir son article navrant intitulé &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;« &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Une sociologie très catholique?&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; »&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; paru dans la revue &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Esprit&lt;/span&gt;). Cette tripartition est bien trop fréquente pour n’être pas autre chose qu’une pure projection intellectuelle superficielle qui a pour inconvénient d’étouffer les structures de la réalité qui n’obéissent jamais à ce genre de distribution systématique. La ventilation des régimes occupationnels d’Heinich n’échappe donc pas, comme on peut s’y attendre, à cette règle de trois. Le but de l’opération est de faire entrer des siècles d’histoire dans ces trois petites cases.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyAreNSapzI/AAAAAAAAC4M/0ptz41vmAS8/s1600-h/Triplette.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 320px; height: 141px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyAreNSapzI/AAAAAAAAC4M/0ptz41vmAS8/s320/Triplette.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413374550062311218" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Résumons donc sa proposition. Le premier régime – artisanal &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;–&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; s’applique aux imagiers, à l’époque où les peintres n’étaient pas encore des « artistes ». Ceux-ci étaient regroupés en diverses corporations de métiers. Ils apprenaient à peindre auprès d’un maître qui leur transmettaient personnellement et individuellement le secret de leur art. À l’inverse, dans le second régime – professionnel &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;–&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;, les peintres exercent leur activité après avoir suivi une formation dans le cadre d’un enseignement théorique collectif et systématisé (l’Académie de peinture, par exemple). La peinture devient une activité noble et libéralisée. S’inscrivent dans le dernier régime – vocationnel – tous ceux qui se sentent appelés à exercer la carrière de peintre, qu’ils passent ou non par l’Académie. C’est sous ce régime que la singularité devient centrale avec&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; plusieurs figures de peintres, telles que l’artiste romantique, la bohême ou l’artiste maudit dont le génie est méconnu. Selon la sociologue, ce dernier régime gouverne le monde de l’art d’aujourd’hui. J’abrège beaucoup mais en gros c’est ça. Trois catégories qui sont aussi trois « stades » car le modèle est aussi classificatoire qu’évolutionniste.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Si Nathalie Heinich s’attache à ces différentes figures de peintres dans &lt;i style=""&gt;L’Élite artiste &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;(2005), c’est surtout dans &lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;i style=""&gt;Du peintre à l’artiste &lt;/i&gt;(1993) qu’elle décrit dans ses grandes articulations le processus qui conduit du régime artisanal au régime vocationnel. Naturellement, ce modèle est joli sur le papier car il est ternaire, évolutionniste et a tout pour flatter nos esprits assoiffés de discontinuités. Mais tient-il bien la route ? Il est une caricature de la posture constructionniste qui requiert des transformations spectaculaires, allant du rien au tout. Pour donner du relief à son modèle, Heinich est obligée d’absolutiser des différences entre des pratiques très comparables. Il suffit de réfléchir trente secondes pour s’apercevoir que la différence entre métier et profession n’est pas toujours très pertinente et que des vocations d’artistes se sont rencontrées à toutes les époques et ne sont en rien des exceptions. Ce modèle connaît bien trop de chevauchements pour fonctionner correctement. Par exemple, un médecin peut avoir sa profession pour vocation et l’exercer en artisan. La profession n’exclut pas nécessairement la vocation. Je dirais même que c’est dans l’activité artistique qu’on rencontre le plus fréquemment le mélange de ces trois éléments. C’est pourquoi le modèle de la distribution diachronique dans ces trois catégories est aussi problématique. Il oblige la chercheuse à retourner le réel dans tous les sens pour le faire entrer dans ce fichu modèle, quitte à mettre sous le tapis des « exceptions » tous les éléments, innombrables, qui ne cadrent pas. J’ai longtemps essayé moi-même de faire entrer les phénomènes artistiques dans ce modèle ternaire sans y arriver : cela ne marche pas. Les musiciens apprennent leur instrument d’une manière artisanale, de la « main à la main » avec tous les « secrets d’atelier » qui s’ensuivent. De cela ils peuvent faire « profession », et ceci avec d’autant plus de plaisir qu’elle correspond à leur « vocation ». Les danseurs de l’Académie nationale de musique, n’apprennent pas seulement la danse en suivant un enseignement collectif, mais dans un atelier de danse, avec un maître de ballet qui est souvent un ancien danseur : de Noverre à Le Riche, il n’y a pas de transformations spectaculaires. En gros, le métier est le même.&lt;/span&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;À un niveau géographique, le premier défaut de ce modèle est d’être excessivement centré sur &lt;st1:personname productid="la France. En" st="on"&gt;la France. En&lt;/st1:personname&gt; effet, bien qu’elle ait de hautes ambitions généralistes, Nathalie Heinich limite toujours ses analyses au cas français mais sans jamais dire qu’elle n’évoque que de la France. Pourtant elle ne parle presque pas des artistes italiens, belges et hollandais, anglais, espagnols et portugais. Il faut dénoncer le francocentrisme de Nathalie Heinich qui l’autorise à penser que l’artiste vocationnel est une invention récente qui n’apparaît en France qu’au &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle. Si elle n’évoque jamais les artistes européens, c’est tout simplement parce qu’ils sont susceptibles de faire voler en éclats son modèle. Effectivement, quand vous affirmez que la figure de la bohème «naît » en France dans les années 1840, et qu’on vous fait remarquer qu’il existe des tas d’artistes qui présentent toutes les caractéristiques de la bohême dans l’Italie du &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle («&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;comme le spectre de la pauvreté était sans cesse devant ses yeux, il fit pour son gagne-pain des choses qu’il n’aurait sans doute guère prises en considération s’il avait eu de quoi vivre&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » a dit Vasari du Pérugin…), le premier réflexe est de se boucher les oreilles et de fermer les yeux. Mais comme les faits sont parfois têtus, il existe un moyen plus redoutable encore de faire taire son interlocuteur, c’est de se dérober à la discussion, comme le fait Nathalie Heinich qui disqualifie les « objections » qu’on lui présente en disant toujours: « Oui, mais ce sont des exceptions », si bien que son modèle devient irréfutable, au sens poppérien du terme, puisque quoi qu’il arrive, il est validé. L’exception « confirme la règle », précisément parce qu’elle est une « exception ». Le problème est que Heinich ne prouve pas le caractère exceptionnel du phénomène. Si elle n’évoque jamais les artistes européens, encore moins est-elle susceptible de parler des artistes des autres continents : on ne trouvera jamais un mot, en parcourant ses innombrables livres, sur les artistes indiens, chinois, japonais. Et ce qui vaut pour l’espace, vaut aussi pour le temps : elle se limite toujours à une courte séquence temporelle – quatre siècles très grossièrement survolés – sans jamais mentionner les artistes d’époques plus anciennes. Tout cela, bien entendu, au nom du rejet de l’ethnocentrisme et de l’anachronisme. Imagine-t-on un livre sur l’art chinois qui se limiterait à la dernière dynastie – la dynastie Qing (1644-1911) – sans parler avant de la dynastie des Ming, des Yuan, des Jin, etc. ? Je crois que personne n’oserait faire une chose pareille. C’est pourtant ainsi que s’y prend Heinich.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyAswsJJzkI/AAAAAAAAC4U/IYeOI8wb0c4/s1600-h/Art+in+china+craig+clunas.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 224px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyAswsJJzkI/AAAAAAAAC4U/IYeOI8wb0c4/s320/Art+in+china+craig+clunas.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413375967094230594" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Pour parler correctement de l’art, il faut, comme Craig Clunas, être capable à la fois d’envisager l’histoire de l’art à une plus vaste échelle et capable aussi de réduire l’importance démesurée que certains sociologues accordent à des événements qui n’ont eu cours qu’à une époque récente – en gros de 1600 à nos jours. Quand on affirme, à &lt;st1:personname productid="la Heinich" st="on"&gt;la  Heinich&lt;/st1:personname&gt;, que les artistes deviennent « seulement au &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle » une catégorie professionnelle valorisée qui obtient des privilèges, on est bien obligé de faire l’impasse sur toutes les autres époques où des artistes ont obtenu des privilèges – que l’on pense, sans même remonter &lt;i style=""&gt;très&lt;/i&gt; loin, aux sculpteurs d’images sur ivoire ou sur bois (les fameux imagiers du « régime artisanal ») qui étaient exemptés du guet et qui ont vu leurs privilèges se renforcer et s’étendre sous Charles VII. Même chose au sujet de l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;élitisation&lt;/span&gt; des créateurs. Pour pouvoir écrire que c’est seulement « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;une génération après &lt;st1:personname productid="la R￩volution" st="on"&gt;la Révolution&lt;/st1:personname&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » que les artistes forment une élite « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;dont le prestige est tel qu’il leur permet de s’égaler aux plus grands&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (&lt;i style=""&gt;L’Élite artiste&lt;/i&gt;, quatrième de couverture), il faut faire comme si, deux générations avant &lt;st1:personname productid="la R￩volution" st="on"&gt;la Révolution&lt;/st1:personname&gt;, de 1755 à 1765, n’avait jamais existé un livre comme &lt;i style=""&gt;L’Europe illustre, contenant l’histoire abrégée des souverains, des princes, des prélats, des ministres, des grands capitaines, des artistes et des dames célèbres en Europe, depuis le &lt;/i&gt;&lt;i style=""&gt;XV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle compris jusqu’à présent&lt;/i&gt;, de l’historien Dreux du Radier.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Dernière chose, le modèle de Nathalie Heinich est fragile car, bien sûr, il repose sur des sables mouvants. Nathalie Heinich ne s’adonne jamais à des entretiens avec des artistes. Certes, elle a réalisé des entretiens avec des écrivains, mais pas, sauf erreur, avec des plasticiens, des danseurs ou des musiciens. À croire qu’elle n’aime pas beaucoup les artistes en chair et en os et qu’elle préfère de loin les artistes de papier. C’est la même chose quand elle travaille sur l’identité féminine, elle privilégie toujours la fiction au réel : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;c’était important, pour moi de ne pas me perdre dans d’interminables entretiens&lt;/i&gt; &lt;/b&gt;» a-t-elle pu dire à Julien Ténédos au sujet de son livre &lt;i style=""&gt;Mères-filles&lt;/i&gt; (II, 24). Ceci est tout simplement incroyable, surtout chez quelqu’un dont le métier est d’être sociologue. C’est que les entretiens demandent du temps : il faut les concevoir, les mener, ensuite les transcrire, puis les analyser, et quand on est pressé de publier (comme Nathalie Heinich qui publie en moyenne &lt;st1:metricconverter productid="1,4 livre" st="on"&gt;1,4 livre&lt;/st1:metricconverter&gt; par an depuis 15 ans), on est bien obligé de trouver un expédient. Cet expédient, Nathalie Heinich l’a trouvé dans les romans – auxquels il est toujours possible de recourir, notamment quand la documentation est lacunaire, mais ce n’est naturellement pas le cas ici. Il existe des données chiffrées sur le sujet et il suffit d’aller consulter les registres d’archives, comme l’ont fait il y a quelques années Harrison et Cynthia White. Mais il est vrai que le travail en bibliothèque, la recherche bibliographique, les dépouillements laborieux, ne font manifestement pas partie des habitudes professionnelles de Nathalie Heinich. La conséquence de tout cela, c’est un court-circuit épistémologique : la sociologue reconstruit la figure de l’artiste romantique à partir – uniquement – du &lt;i style=""&gt;Chef-d’œuvre inconnu &lt;/i&gt;de Balzac, sans voir que l’auteur de &lt;st1:personname productid="La Com￩die" st="on"&gt;&lt;i style=""&gt;La Comédie&lt;/i&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;i style=""&gt; humaine&lt;/i&gt; cherche d’abord à agir sur l’imagination de son lecteur au moyen d’un récit coloré et pittoresque. Voyons maintenant quel sort elle réserve à Balzac.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;2. À en croire &lt;i style=""&gt;L’Élite artiste, &lt;/i&gt;le texte de Balzac présente « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;pour la première fois dans l’histoire de la littérature le paradigme de l’artiste romantique&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (p. 20). Vous aurez remarqué cette montée en généralité de la littérature française à la littérature en général. Les Anglais, les Allemands, c’est bien connu, n’ont pas d’artistes romantiques dans leur littérature avant 1830 ! Nathalie Heinich serait donc bien avisée de préciser : «dans l’histoire de la littérature &lt;i style=""&gt;française&lt;/i&gt; » – tout comme l’avaient fait Harrison et Cynthia White avec &lt;i style=""&gt;Canvases and careers &lt;/i&gt;: &lt;i style=""&gt;institutional change in the French painting world&lt;/i&gt; (Wiley, 1965), et, avant eux, Theodore Bowie avec &lt;i style=""&gt;The Painter in French fiction&lt;/i&gt; (Chapel Hill, 1950). Cela illustre à nouveau le syndrome de la paille et de la poutre dont est victime la sociologue : dans le premier chapitre du&lt;i style=""&gt; Bêtisier&lt;/i&gt;,&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;elle considère le goût des généralités comme une forme avérée de bêtise. Sans doute ce chapitre est-il autobiographique… (Cela n’a rien à voir, mais je ne résiste pas au plaisir de citer ce court passage de la quatrième de &lt;i style=""&gt;Mères-Filles&lt;/i&gt;, qui dans le genre généralité bêbête, fait très fort : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;Les hommes ne le savent peut-être pas, mais ce dont la plupart des femmes préfèrent parler entre elles, ce n’est pas d’eux : c’est de leur mère.&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; »)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Par ailleurs, quiconque a lu &lt;i style=""&gt;Le Chef-d’œuvre inconnu&lt;/i&gt; se demande comment un roman dont l’action se déroule à l’aube de l’âge classique peut bien exemplifier des valeurs romantiques ? Nathalie Heinich a la réponse : selon elle, Balzac ne fait que rétro-projeter sur l’univers classique sa propre philosophie de l’art, ainsi que les valeurs sous-jacentes du romantisme telles que, par exemple, le refus de l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;ordre bourgeois&lt;/span&gt;, la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;marginalité sociale&lt;/span&gt;, l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;amour de l’art&lt;/span&gt;, la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;vocation&lt;/span&gt; d’artiste, etc. Elle est donc amenée, au moment où elle utilise cette fiction, à en dénoncer les nombreux « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;anachronismes par rapport à la réalité du métier de peintre au temps de Poussin&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (p. 16). Nathalie Heinich : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;L’emploi même du mot artiste pour désigner les peintres au début du &lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle est déjà un anachronisme puisque le terme n’a pris son sens moderne que dans le courant du &lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (&lt;i style=""&gt;ibid&lt;/i&gt;).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyEFgmJPs7I/AAAAAAAAC48/ThZLaTkyiIk/s1600-h/Etre+artiste+%C3%A0+Paris,+1648-1817.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 250px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyEFgmJPs7I/AAAAAAAAC48/ThZLaTkyiIk/s320/Etre+artiste+%C3%A0+Paris,+1648-1817.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413614284629324722" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Avant de montrer en quoi cette dernière assertion est fausse, le fait de dénoncer dans des productions romanesques une certaine forme d’inadéquation au réel est assez cocasse : c’est comme si on reprochait à un miroir convexe de rendre une image déformée. Car les fictions, en définitive, ne sont pas, à proprement parler, justiciables d’une épreuve analogique au terme de laquelle on apprécierait la conformité – ou l’absence de conformité – au réel. Ce qu’elles signifient se réduit non à ce qu’elles &lt;i style=""&gt;disent&lt;/i&gt;, mais à ce qu’elles &lt;i style=""&gt;font&lt;/i&gt; sur ceux qui les lisent pour reprendre la distinction chère à Austin. Elles visent à distraire, à émouvoir, à plaire, à toucher, etc. et c’est parce que leur pragmatique se réfléchit à chaque instant dans leur sémantique qu’il n’est jamais possible de prendre ce qu’elles énoncent pour argent comptant, comme y invite à chaque instant Heinich, d’une façon profondément égarante.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Dans &lt;i style=""&gt;Être artiste&lt;/i&gt;, la sociologue se fait plus précise sur le sens moderne du mot artiste qui, selon elle, ne remonterait pas avant la fin du &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle. Si l’adjectif est en effet attesté dès la fin du &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, comme chez Montaigne qui parle d’un raisonnement « scholastique et artiste » (&lt;i style=""&gt;Essais, &lt;/i&gt;III, 8), Nathalie Heinich est absolument catégorique quand elle affirme (p. 26) que le substantif &lt;i style=""&gt;artiste&lt;/i&gt; apparaît « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;pour la première fois&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; »&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;en… 1776, dans le &lt;i style=""&gt;Dictionnaire des artistes &lt;/i&gt;de l’abbé Fontenay. En fait, cela est faux. Nous sommes ici en présence d’un tic d’écriture : il faut absolument des premières fois sinon on passe pour réaliste et universaliste ! Nathalie Heinich oublie naturellement le &lt;i style=""&gt;Manuel des artistes&lt;/i&gt; de Petity (1770), le &lt;i style=""&gt;Dictionnaire pittoresque et historique&lt;/i&gt; de Hébert qui contient un « catalogue des plus célèbres artistes anciens et modernes » (1766), le &lt;i style=""&gt;Répertoire des artistes &lt;/i&gt;de Jombert (1765), l’&lt;i style=""&gt;Iconologie &lt;/i&gt;de Boudard (1759), qui s’adresse aux « gens de lettres, aux poètes, aux artistes », l’&lt;i style=""&gt;Almanach des arts &lt;/i&gt;qui, depuis 1752, publie « les noms et les ouvrages des gens de lettres, des savants et des artistes célèbres qui vivent actuellement en France », le &lt;i style=""&gt;Traité de perspective à l’usage des artistes&lt;/i&gt; de Jeaurat (1750), le &lt;i style=""&gt;Traité de plusieurs beaux secrets très utiles pour les artistes&lt;/i&gt; de Triquet (1747), &lt;i style=""&gt;Les Beaux-arts réduits à un même principe&lt;/i&gt; de l’abbé Batteux (1746) où le terme se rencontre 23 fois sous sa forme substantivée (source : Frantext). Nathalie Heinich ignore aussi l’hommage que rend Voltaire à Colbert dans &lt;i style=""&gt;Le Temple du goût &lt;/i&gt;(1733) : le ministre «&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;protégea tous les beaux-arts sans être jaloux des artistes&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » ; elle oublie encore l’adresse au lecteur de Perrault dans ses &lt;i style=""&gt;Contes de fées&lt;/i&gt;, lequel évoque en 1697 des « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;hommes de lettres et des artistes de son temps&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; », ainsi que les nombreuses références aux artistes dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Pratique du théâtre &lt;/span&gt;de l&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;’&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;abbé d&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;’&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Aubignac (1647), etc., etc., etc. On pourrait remonter jusqu’au début du siècle avec Mersenne qui, en 1634, notait encore ceci : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;On poursuit ici une académie ou compagnie de musiciens avec beaucoup d’artistes dressés pour ce sujet pour &lt;st1:personname productid="la Sainte C￩cile." st="on"&gt;la Sainte Cécile&lt;span style="font-weight: normal;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (Frantext, toujours) Et dire que le livre de Nathalie Heinich s’adresse à des étudiants et à des professionnels ! Cela fait peur.&lt;i style=""&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Continuons. Nous avons dit que Nathalie Heinich accusait Balzac de déployer des éléments qui dérivent du paradigme romantique dans une configuration historique inadéquate – le Paris de 1612. Dommage que Nathalie Heinich n’ait pas lu &lt;i style=""&gt;Le Chef-d’œuvre inconnu &lt;/i&gt;dans l’édition de &lt;st1:personname productid="la Pl￩iade" st="on"&gt;la  Pléiade&lt;/st1:personname&gt; car René Guise, qui en a annoté le texte il y a plus de trente ans, a bien montré que Balzac a développé toutes ses idées sur l’art en puisant dans les écrits esthétiques de Diderot. Par conséquent, le caractère « vrai» ou « faux » de la peinture de Porbus, le primat de l’expression sur l’imitation que le peintre revendique, la critique des modèles, la soumission trop forte aux « lois de l’anatomie », la présence de l’«air » qui doit circuler dans le tableau, jusqu’au « secret de donner la vie aux figures » (X, 421), tout cela avait été théorisé quatre-vingts ans plus tôt. Que Nathalie Heinich veuille bien se reporter au travail philologique de René Guise (X, 1410-1428), elle découvrira que les idées esthétiques de Balzac ne sont guère originales. Ce n’est pas moi qui le dis, mais un balzacien patenté.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyAxh4RQwNI/AAAAAAAAC4s/VridmpcCDaE/s1600-h/Balzac+Chef+d%27oeuvre+inconnu.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 203px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyAxh4RQwNI/AAAAAAAAC4s/VridmpcCDaE/s320/Balzac+Chef+d%27oeuvre+inconnu.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413381210209566930" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Entrons maintenant dans le vif du sujet et tâchons de voir quelles sont les caractéristiques présentes dans le récit balzacien que Nathalie Heinich croit pouvoir associer à la figure de l’artiste romantique. Il y en a cinq : 1) le visage tourmenté, 2) le désordre de l’atelier, 3) le délire inspiré, 4) la divinité de l’artiste, 5) la temporalité longue du chef-d’œuvre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Commençons par la première caractéristique, le motif de l’enthousiasme et de la convulsion qui se lisent sur la figure du peintre. Balzac écrit : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;Il travaillait avec une ardeur si passionnée que la sueur se perlait sur son front dépouillé, il allait si rapidement par de petits mouvements si impatients, si saccadés, que pour le jeune Poussin il semblait qu’il y eut dans le corps de ce bizarre personnage un démon qui agissait par ses mains en les prenant fantastiquement contre le gré de l’homme &lt;/i&gt;&lt;/b&gt;» (X, 422). Tous ces éléments, comme le montre René Guise, se retrouvent chez Diderot : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;Celui qui a le sentiment vif de la couleur, a les yeux attachés sur sa toile ; sa bouche est entr’ouverte ; il halète ; sa palette est l’image du chaos. C’est dans ce chaos qu’il trempe son pinceau (…). Il se lève, il s’éloigne, il jette un coup d’œil sur son œuvre ; il se rassied&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;i style=""&gt; »&lt;/i&gt; (X, 1419-1420). Un siècle avant Diderot, en 1659, le nouvelliste Charles Sorel reconnaissait les peintres à &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;« &lt;b style=""&gt;&lt;i&gt;leur langueur, leur teint pâle, leurs yeux battus faute de dormir et toutes les marques infaillibles de leurs inquiétudes&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;i style=""&gt;Description de l’isle de Portraiture et de la ville des portraits&lt;/i&gt;,&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; p. 353-354)&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;. On voit donc que, s&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;ous ce rapport, les peintres de Sorel ne se distinguent pas fondamentalement des artistes romantiques qui prennent vie sous la plume de Balzac, puisque Sorel les taxe &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;encore de « &lt;b style=""&gt;&lt;i&gt;fous mélancoliques travaillés de leurs passions&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (&lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 392) et que, contrairement à ce qu’affirme Nathalie Heinich dans &lt;i&gt;Du peintre à l’artiste&lt;/i&gt;, le roman de Balzac n’est pas la « &lt;b style=""&gt;&lt;i&gt;première mise en fiction d’un personnage de peintre&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (p. 127). Mais&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; Heinich qui fait une lecture assez primaire des fictions ne voit pas qu’il s’agit là d’éléments de mise en scène nécessaires à l’action et que les romanciers exploitent pour conférer le maximum d’efficacité dramatique à leur récit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Deuxième élément : le « désordre » de l’atelier des peintres. Là encore, il s’agit d’une référence pas très originale et connue bien longtemps avant Balzac. Nous possédons maints documents, antérieurs au &lt;/span&gt;&lt;span style="font-variant: small-caps;font-size:100%;" &gt;xix&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, qui font état de la pagaille qui pouvait régner dans les ateliers de peinture. Nathalie Heinich aurait-elle oublié comment Vasari décrit l’atelier de Piero di Cosimo ? On sait que le peintre, taxé à plusieurs reprises de « &lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;sauvage&lt;/span&gt; » et « &lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;fantasque&lt;/span&gt; », aimait s’y enfermer, en ne souhaitant surtout pas que quiconque le dérange ou même y mette de l’ordre (V, 85). « Une exception ! », dira encore Heinich en levant le doigt au ciel !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Troisième caractéristique, l’« amour de l’art » qui investit Poussin n’est en rien un « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;enthousiasme typiquement romantique&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; », comme elle l’écrit encore dans &lt;i style=""&gt;L’Élite artiste&lt;/i&gt;&lt;st1:personname st="on"&gt;&lt;st1:personname productid="la Renaissance." st="on"&gt; &lt;/st1:personname&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;/span&gt;(p. 17), mais une disposition constituée au moins depuis &lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;st1:personname st="on"&gt;&lt;st1:personname productid="la Renaissance." st="on"&gt;la Renaissance.&lt;/st1:personname&gt;  Reprenons&lt;/st1:personname&gt; Vasari là où nous l’avons laissé : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;Il travaillait sans mesurer son temps, seulement pour son plaisir et pour l’amour de l’art&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; », ajoute l’auteur des &lt;i style=""&gt;Vies&lt;/i&gt; au sujet de Piero. Plus loin : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;Il ne pouvait en être autrement car cet amour était tel qu’il ne se souciait pas de son confort ; il en était arrivé à ne manger que des œufs durs qu’il faisait cuire, pour économiser son feu, quand il faisait bouillir sa colle (…). Cette vie détachée lui plaisait tant que tout autre à côté de la sienne lui semblait un esclavage&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (V, 89). Nous avons dans cette page, mais il serait facile d’en citer beaucoup d’autres, toutes les propriétés qui caractérisent l’« artiste vocationnel » tel que le définit Heinich : amour de l’art, don de soi, pauvreté choisie et non subie, solitude, isolement – une figure à propos de laquelle Heinich dit pourtant qu’elle n’émerge qu’à partir du&lt;/span&gt; &lt;span style="font-variant: small-caps;font-size:100%;" &gt;xix&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle. Mais que l’on se rassure, Nathalie Heinich ouvre son parapluie : exceptions, vous dis-je, exceptions, exceptions !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Autre élément considéré encore comme anachronique – et donc relevant du seul paradigme romantique selon Heinich –, le délire inspiré de l’artiste. Nathalie Heinich n’a sans doute jamais lu Platon où l’on trouve maintes occurrences de ce thème dans ses dialogues, par exemple &lt;i style=""&gt;Phèdre&lt;/i&gt; ou &lt;i style=""&gt;Ion. &lt;/i&gt;Mais il est vrai que Nathalie Heinich n’aime pas beaucoup Platon, comme elle le confie à Julien Ténédos : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;Je me souviens être partie en plein milieu d’un cours sur Platon en déclarant : “Platon, c’est chiant”. Je n’ai jamais réussi à me passionner pour un dialogue socratique&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; ». Inutile d’aller chez votre libraire commander ces entretiens et en savourer la substantifique moelle : l’éditeur (Aux lieux d’être) a fait faillite entre-temps.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Ce n’est pas la première fois qu’on objecte à Nathalie Heinich son incompétence crasse en matière d’histoire de l’art. Mais celle-ci n’en a que faire, si on en juge par ce qu’elle écrit avec la plus parfaite mauvaise foi et insolence dans &lt;i style=""&gt;Le Bêtisier du sociologue &lt;/i&gt;: « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;Ne prononcez jamais les mots “pour la première fois” devant un historien, car il se fera un malin plaisir de vous trouver un cas antérieur, quitte à remonter à l’âge des cavernes&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (p. 58). Quelle désinvolture! Quelle malhonnêteté intellectuelle ! Le Moyen Age, un âge des cavernes ? Les médiévistes apprécieront. Et dire qu’elle se permet de donner des leçons d’anachronisme à la terre entière ! En bref, on ne peut pas critiquer Nathalie Heinich et lui présenter de sérieux contre-exemples. Si on lui objecte le cas des grands artistes de &lt;st1:personname productid="la Renaissance." st="on"&gt;la Renaissance&lt;/st1:personname&gt;, tels que Léonard, Michel-Ange ou Raphaël dont Vasari ne cesse de célébrer le génie, elle vous répondra, par un argument emprunté à la casuistique, que ces trois artistes ne sont que des « exceptions » (p. 87) qui confirment la règle générale qu’elle s’emploie à énoncer. Dans &lt;i style=""&gt;Le Bêtisier&lt;/i&gt;, elle va même jusqu’à écrire qu’ils sont « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;les trois arbres qui cachent la forêt des obscurs&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (p. 58)&lt;i style=""&gt;.&lt;/i&gt; Comme si c’était différent aujourd’hui ! Mais prenons Nathalie Heinich aux mots : elle ne raisonne qu’à partir d’exceptions et passe son temps à éluder les obscurs. Il n’y a jamais une figure d’artiste qui chasse l’autre dans le cadre d’une évolution unilinéaire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Le peintre romantique et vocationnel est loin d’être la norme au &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, comme elle l’affirme de façon très péremptoire. Nathalie Heinich a-t-elle la naïveté de penser que les peintres du dimanche ont disparu au &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle ? Il semblerait, puisqu’elle n’en parle jamais ! On reste atterré quand on observe, toujours dans &lt;i style=""&gt;L’Élite artiste&lt;/i&gt;, comment la sociologue parle de l’art et des artistes du &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle.&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;Les seuls qui lui paraissent « typiques » sont Picasso, Duchamp, Dali, Warhol et Beuys (p. 284-298) ! Elle accuse les autres de prendre les vessies de l’exceptionnalité pour les lanternes de la typicité, sans voir que les artistes qui lui paraissent typiques d’aujourd’hui sont tout aussi exceptionnels que Léonard, Michel-Ange et Raphaël. Ce que loue Vasari dans ses &lt;i style=""&gt;Vies des plus illustres peintres&lt;/i&gt;, c’est bien l’exceptionnalité d’un travail, d’un talent, exactement comme le font aujourd’hui les critiques et les historiens de l’art. Quand on le lit, on ne peut pas s’empêcher de songer à &lt;i style=""&gt;Art Press&lt;/i&gt;. Et les dispositions que Heinich relie à la figure de l’artiste romantique (vocation, inspiration, mélancolie, amour de l’art, etc.) se rencontraient chez un nombre important d’artistes, célèbres &lt;i style=""&gt;ou non&lt;/i&gt;. Qu’on veuille bien reprendre Vasari quelques minutes. L’auteur des &lt;i style=""&gt;Vies&lt;/i&gt; dit par exemple qu’Amico Bolognese était « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;un homme fantasque aux idées étranges&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » qui peignait avec un style « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;étrange et insensé&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » et que sa fécondité artistique se développait « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;en dehors des normes&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (VI, p. 200-201). De Morto da Feltre, Vasari dit encore qu’il était « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;de tempérament mélancolique&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » et que « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;son extravagance se manifestait dans son comportement et dans sa pensée&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (VI, p. 223). D’Andrea di Cosimo, Vasari dit enfin qu’il « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;essaya de se suicider&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; », tourmenté qu’il était par « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;son humeur mélancolique&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (VI, p. 228).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Si Heinich concède, çà et là, que de grands artistes singuliers ont existé avant le romantisme, elle en limite singulièrement le nombre, en s’appuyant éternellement sur Norbert Elias pour qui Mozart, par exemple, incarnait « un destin vocationnel dans un contexte d’exercice professionnel de la musique » (p. 119). Selon Heinich, c’est à la faveur d’un tel décalage, entre des dispositions constituées et une position qui n’existe pas encore dans le champ musical, qu’émerge quelque chose comme le génie solitaire ou les souffrances du créateur. La distinction entre la norme et l’exception est donc la cheville qui lui permet d’exclure pratiquement tous les plus grands artistes de &lt;st1:personname productid="la Renaissance" st="on"&gt;la Renaissance&lt;/st1:personname&gt; européenne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Revenons un dernier moment au&lt;i style=""&gt; Chef-d’œuvre inconnu&lt;/i&gt;. Balzac nous dit que Frenhofer a été « initié » par Mabuse (426), mais contrairement à ce qu’écrit Heinich, l’initiation n’est en rien « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;propre au régime vocationnel&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (p. 17). C’est au contraire une dimension importante dudit régime artisanal fondé sur la culture du secret et des rites de passage. C’est enfin une donnée narrative récurrente chez Balzac, tous les jeunes personnages importants de &lt;st1:personname productid="La Com￩die" st="on"&gt;&lt;i style=""&gt;La  Comédie&lt;/i&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;i style=""&gt; humaine &lt;/i&gt;étant « initiés » par un homme plus âgé et de plus brutal qu’eux. La relation qui unit Frenhofer à Mabuse n’est pas sans rappeler celle qui lie Lucien de Rubempré à Vautrin dans &lt;i style=""&gt;Illusions perdues&lt;/i&gt; : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;Le vieux Frenhofer est le seul élève que Mabuse ait voulu faire. Devenu son ami, son sauveur, son père, Frenhofer a sacrifié la plus grande partie de ses trésors à satisfaire les passions de Mabuse ; en échange Mabuse lui a légué le secret du relief, le pouvoir de donner aux figures cette vie extraordinaire.&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (426) Dans &lt;i style=""&gt;Illusions perdues&lt;/i&gt;, c’est un peu la même chose, il est question d’une initiation sociale et sexuelle : Vautrin sauve Lucien du naufrage vers lequel il s’achemine, et en échange, Lucien devient la créature de Vautrin dans &lt;i style=""&gt;Splendeurs et misères des courtisanes &lt;/i&gt;: « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;Je veux aimer ma créature, la façonner, la pétrir à mon usage, afin de l’aimer comme un père aime son enfant. Je roulerai dans ton tilbury mon garçon, je me réjouirai de tes succès auprès des femmes, je dirai : “ce beau jeune homme c’est moi ! ce marquis de Rubempré, je l’ai créé et mis au monde aristocratique, sa grandeur est mon œuvre, il se tait ou parle à ma voix, il me consulte en tout” »&lt;/i&gt; &lt;/b&gt;(V, 708)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Quatrième caractéristique : le divin. Nathalie Heinich considère que la divinisation de l’artiste et son élévation au statut de créateur est une caractéristique fondamentale du régime vocationnel. C’est pourtant un lieu commun du discours biographique chez Vasari, qui réserve l’épithète de divin, pas seulement à Michel-Ange, l’arbre qui serait censé cacher la forêt, mais à des artistes aussi différents que Le Pérugin &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;– &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il divin pittore&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;–&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; ou Francesco Francia (IV, p. 350). Vasari rapporte même que sur la tombe d’Ugolino de Sienne, mort en 1339, on pouvait lire l’épitaphe suivante : « Pictor divinus iacet hoc sub saxo Ugolinus cui deus aeternam tribuat vitamque supernam » (&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;Sur cette pierre, gît Ugolino, peintre divin ; puisse Dieu lui accorder la vie éternelle et céleste&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;) (II, 151).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyERmWpISZI/AAAAAAAAC5E/vCZi1JmOAEQ/s1600-h/Perugino+divin+pittore.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 232px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyERmWpISZI/AAAAAAAAC5E/vCZi1JmOAEQ/s320/Perugino+divin+pittore.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413627577686837650" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;3. Inutile d’aller plus loin, on voit à ces quelques exemples que Nathalie Heinich est amenée, pour justifier la pertinence de son modèle, à faire sursignifier des événements. Qu’en sera-t-il dans la suite de l’ouvrage ? Nathalie Heinich explorera les autres figures de peintre en s’appuyant sur les analyses de Theodore Bowie, lequel avait dégagé quatre générations d’artistes : 1) le peintre romantique, 2) l’artiste bohème au service de l’art pour l’art, 3) l’artiste impressionniste et, enfin, 4) le peintre symboliste (Bowie, 1950, p. 3). Heinich transforme cette &lt;i style=""&gt;généalogie&lt;/i&gt; en une &lt;i style=""&gt;typologie&lt;/i&gt; et ce n’est qu’au terme de ce rapide panorama, où elle nous aura livré ses commentaires bovarysants sur &lt;i style=""&gt;Manette Salomon&lt;/i&gt; des frères Goncourt ou &lt;i style=""&gt;L’Œuvre &lt;/i&gt;de Zola, qu’elle prend conscience d’une chose affolante : que les peintres sont toujours maltraités par les écrivains ! Elle déplore ainsi la « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;constance du thème de l’échec&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (109). Elle en arrive même à la conclusion stupéfiante que les écrivains « méconnaissent » la réalité du travail du peintre : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;Excessif ou velléitaire, embourgeoisé ou mondain, idéaliste ou arriviste, misérable ou couvert d’honneurs suspects, névrosé ou fini : le peintre des écrivains est toujours un raté, au point qu’on peut se demander s’il ne s’agit pas pour les romanciers d’exorciser la hantise de leur propre échec en le projetant sur des peintres fantasmés. Mais on pourrait aussi se demander si ce qui est décrit comme échec du peintre n’est pas avant tout échec de l’écrivain à comprendre la spécificité du travail du peintre ; autrement dit si l’impuissance supposée de l’artiste n’est pas plutôt méconnaissance de son travail par l’écrivain&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (p. 109).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Cela traduit une attitude passablement schizophrène : Nathalie Heinich prétend d’un côté que les romans offrent une voie d’entrée royale au sociologue désireux d’enquêter sur le statut des artistes, mais elle s’indigne par ailleurs des erreurs, des approximations, des anachronismes qu’elle rencontre sous la plume des romanciers. Pire, elle regrette que les histoires de peintres finissent toujours mal en général et se désole du nombre excessivement élevé d’artistes ratés dans la littérature, reprochant aux écrivains leur « échec » dans la représentation qu’ils se font des peintres.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Il peut paraître fort imprudent d’utiliser les yeux fermés les romans afin d’analyser les « représentations » qui s’y déploient et de reprocher ensuite, au nom du réalisme – puisque Heinich critique « fantasmes » et « projections » – l’inconsistance du matériau, en mobilisant le concept de « méconnaissance » qui équivaut, tout compte fait, à celui d’« illusions », cher à la sociologie critique avec laquelle Heinich entend pourtant rompre. Il faudrait pouvoir rappeler à Nathalie Heinich que les romanciers n’ont jamais eu pour visée de « rendre compte » de l’activité des peintres et que, par conséquent, le sociologue n’est pas fondé à leur demander des « comptes ». Par ailleurs, il peut sembler également assez aberrant de ramener les « représentations » des peintres à un quelconque « malentendu entre les écrivains et les peintres » : les premiers ne &lt;i style=""&gt;se faisaient&lt;/i&gt; pas une représentation des seconds, ils en &lt;i style=""&gt;faisaient&lt;/i&gt; une représentation – au sens du théâtre ‑, ce qui est tout de même bien différent ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;En outre, Nathalie Heinich fait comme si les rivalités entre peintres et écrivains n’existaient pas à cette époque. Plus que de simples « représentations » de peintres par des écrivains, ce sont surtout des actes de guerres adressés à des concurrents. Il ne saurait donc y avoir, par conséquent, « échec de l’écrivain » à rendre raison sociologiquement du statut des créateurs car, ainsi que nous l’avons déjà signalé, les énoncés d’un roman ne sont, par essence, jamais justiciables d’un traitement logique où les catégories « vrai » et « faux », « échec » et « succès », «connaissance » et « méconnaissance » peuvent s’appliquer de façon pertinente sans faire violence à la nature de leur objet. En outre, il convient de rappeler que nous sommes en présence de fictions qui doivent produire le maximum d’effets sur les lecteurs. Et ces effets requièrent souvent des événements malheureux voire tragiques susceptibles d’émouvoir. Souvent, mais pas toujours. En effet, parmi les peintres mis en scène par les écrivains, il en est quelques-uns à qui tout réussit car le succès fait aussi rêver, ce que Heinich avait entrevu sans l’exploiter, lorsqu’elle remarquait que le personnage de Bridau « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;incarne un peintre qui a pour lui d’être un véritable artiste, pourvu d’un authentique talent&lt;/i&gt; &lt;/b&gt;» (p. 225). Il y a tout lieu de penser que ces figures de peintres heureux ont été partialement écartées car elles ne cadraient pas tout à fait avec la thèse défendue par l’auteure. Or il existe bien plusieurs figures de peintres chez Balzac à qui tout semble sourire.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/Sx_QUseUpzI/AAAAAAAAC4E/1EGO6M7SjZc/s1600-h/atelier_servin_gformat.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 320px; height: 242px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/Sx_QUseUpzI/AAAAAAAAC4E/1EGO6M7SjZc/s320/atelier_servin_gformat.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413274331076929330" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Dans &lt;st1:personname productid="La Vendetta" st="on"&gt;&lt;i style=""&gt;La Vendetta&lt;/i&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;(1830), dont Heinich ne dit mot, le peintre Servin est « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;un de nos artistes les plus distingués&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (I, 1040) qui a eu l’idée d’ouvrir le premier atelier de peinture exclusivement réservé aux jeunes filles de bonne famille. Dans un autre roman de Balzac, &lt;st1:personname productid="La Bourse" st="on"&gt;&lt;i style=""&gt;La Bourse&lt;/i&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;(1832), le peintre Hippolyte Schinner, bien que très jeune – il n’a que vingt-cinq ans quand débute l’histoire –, est déjà riche, célèbre et estimé par ses pairs puisque, comme l’écrit le narrateur, « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;les artistes reconnaissaient Schinner pour un maître, et les marchands couvraient d’or ses tableaux&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (I, 417). Quant au personnage de Léon de Lara, si dans &lt;i style=""&gt;Un début dans la vie&lt;/i&gt; (1842), il surnage au milieu des misères n’ayant pour seule compagnie qu’une « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;intrépide vocation&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; », dans un autre roman, &lt;i style=""&gt;Les Comédiens sans le savoir &lt;/i&gt;(1846), « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;il ne ressemble plus au rapin dénué&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (VII, p. 1153) qu&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;’&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;il a été. Il est devenu un «&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;célèbre peintre de paysage&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » dont les toiles « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;sont payées au poids de l’or&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (&lt;i style=""&gt;ibid&lt;/i&gt;). Son identité de peintre est par ailleurs solidement établie : après un voyage en Italie, il a l’honneur d’exposer ses tableaux au Salon de 1845 (VII, 1155). Il occupe une position enviable, en étant membre de l’Institut et officier de &lt;st1:personname productid="la L￩gion" st="on"&gt;la Légion&lt;/st1:personname&gt;&lt;st1:personname productid="La Rabouilleuse" st="on"&gt;&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;/span&gt;d’honneur.&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;st1:personname productid="La Rabouilleuse" st="on"&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;/span&gt;Mais la grande figure du peintre de talent est incarnée indéniablement par Joseph Bridau. &lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;st1:personname productid="La Rabouilleuse" st="on"&gt;Dans&lt;i style=""&gt; La Rabouilleuse&lt;/i&gt;&lt;/st1:personname&gt;, il est un peintre à qui tout réussit, à la différence, il est vrai, de Pierre Grassou qui en constitue le négatif et qui sera au centre du roman du même nom. Le personnage de Bridau réapparaît ensuite dans &lt;i style=""&gt;Splendeurs et misères des courtisanes&lt;/i&gt; (que Heinich, très bizarrement, ne mentionne pas dans son corpus),&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;où le plus célèbre banquier de Paris, le baron de Nucingen, lui achète un tableau pour le prix extravagant de « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;dix mille francs&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (VI, 602) ;  &lt;/span&gt;puis dans &lt;span style="font-style: italic;font-size:100%;" class="i1" &gt;Modeste Mignon&lt;/span&gt;&lt;span class="i1"  style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-style: normal;"&gt; (toujours absent du corpus de Heinich), &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;où il illustre encore les œuvres du poète romantique Canalis (I, 512). Mais il est vrai aussi que Bowie n&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;’&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;a pas parlé de ces deux romans!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Ces quelques exemples suffisent à montrer à quel point il est faux de considérer que « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;le peintre des écrivains est toujours un raté&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; ». Le jugement à l’emporte pièce de Heinich paraît fragile, également, au regard de ce que la littérature française du &lt;/span&gt;&lt;span style="font-variant: small-caps;font-size:100%;" &gt;xix&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle a produit comme romans ou nouvelles populaires. Prenons l’exemple d’Edmond About qui a introduit dans sa nouvelle &lt;i style=""&gt;Terrains à vendre&lt;/i&gt;, publiée dans &lt;i style=""&gt;Les Mariages de Paris&lt;/i&gt; (1856), une figure de peintre heureux et socialement accompli, celle d’Henri Tourneur, qui « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;ne fait que d’excellents tableaux&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (p. 108).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Dans ce recueil de nouvelles à succès ‑ il y eut pas moins de vingt-deux éditions au &lt;/span&gt;&lt;span style="font-variant: small-caps;font-size:100%;" &gt;xix&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;&lt;/span&gt;siècle – que Heinich passe complètement sous silence, About présente un artiste qui échappe en tout point aux « stéréotypes » de la bohème : «&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;Il ressemble beaucoup moins à un artiste qu’à un jeune négociant anglais. Sa figure est régulière (…) Je connais peu d’hommes qui s’habillent mieux que lui ; il a les draps les plus beaux et les habits les mieux coupés (…) et je ne me souviens pas d’avoir vu sur lui un grain de poussière. (…) Dans l’atelier, il s’habille de blanc, soit en laine, soit en coutil, selon la saison et ne se tâche jamais ; il est propre et soigné comme sa peinture&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (p. 111). Plus loin encore : « &lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;Sa conduite est aussi régulière que peut l’être celle d’un homme de trente-cinq ans&lt;/span&gt; » (p. 112). L’histoire est celle d’un peintre qui, après être allé à la rencontre d’un riche propriétaire désireux de vendre des terrains, va tomber amoureux de la fille de celui-ci, Rosalie Gaillard, qu’il va tenter d’épouser. Pour y arriver, il va devoir convaincre le père de celle-ci, fort prévenu contre les artistes (« &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;le nom d’&lt;/i&gt;artiste&lt;i style=""&gt; écorchait encore un peu cette bouche vénérable&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; ») (p. 147) et présenter tous les gages de sérieux et de respectabilité. C’est pour cette raison qu’on ne trouvera en sa personne nulle fantaisie, nulle mèche de travers, et qu’un critique, Armand de Pontmartin, s’étonnera que les artistes soient, chez cet auteur, « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;des hommes rangés, rasés, polis, propres, paisibles, comme des bonnetiers retirés&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (Pontmartin, 1857), en bref des « bourgeois véritables » conçus pour plaire aux goûts bourgeois des lecteurs d’Edmond About. Il est vrai que, pour convaincre son père, la jeune Rosalie va devoir présenter à celui-ci un portrait du peintre qui cadrera avec les qualités bourgeoises qu’il rêve de trouver chez son futur gendre. Et, avec un certain art du paradoxe, celle-ci fera de Tourneur, tout à la fois, un &lt;i style=""&gt;fabricant &lt;/i&gt;(« &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;un peintre est un fabricant de tableaux. Il produit des toiles peintes comme votre ami M. Cottinet a produit des visières de casquettes&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; »), un &lt;i style=""&gt;négociant&lt;/i&gt; (« &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;il écoule ses produits, il débite sa marchandise, il fait du commerce, il est négociant&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; »), un &lt;i style=""&gt;soldat&lt;/i&gt; (pour ses « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;tableaux qui ont humilié la vieille Hollande et illustré la France moderne&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; ») et, enfin, un &lt;i style=""&gt;fonctionnaire&lt;/i&gt; (« &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;un homme au service de l’État, payé sur le budget (…) qui reçoit une commande du ministère qui l’occupera durant toute une année&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;  »), quatre qualités qui sont pour M. Gaillard l’alpha et l’oméga du parfait honnête homme (148-150).&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0); font-family: georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Ces quelques figures de peintres montrent au contraire que, loin d’être toujours un raté, le peintre des écrivains peut connaître le succès et accéder à une certaine forme de consécration sociale, en occupant des positions élevées dans la hiérarchie des places ou en obtenant la possibilité d’exposer et de vendre des œuvres dans les Salons. La limite qui le sépare du bourgeois dans les années &lt;st1:metricconverter productid="1830 a" st="on"&gt;1830  a&lt;/st1:metricconverter&gt; tendance à s’estomper au milieu des années 1850. On l’a vu avec le personnage de Léon de Lara qui, de bohême dans &lt;i style=""&gt;Un début dans la vie&lt;/i&gt;, devient un grand bourgeois, habitant les beaux quartiers de la capitale. En quelques années, ainsi que l’a bien montré Anne Martin-Fugier, « &lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;le marché de l’art a remplacé le système académique des beaux-arts, il n’a cessé de s’élargir jusqu’à prendre une dimension internationale&lt;/span&gt; » (2007, p. 419). Il n’est plus besoin, pour faire fortune, d’être lauréat du prix de Rome ou académicien, à la façon d’Ingres ou de Delaroche. Les artistes peuvent faire carrière en dehors de l’Académie et compter sur le soutien de marchands qui vont jusqu’à considérer l’art comme une valeur refuge en temps de crise et de révolution. Cette constitution du marché de l’art s’accompagne, toujours selon Martin-Fugier, d’une « transformation des identités dans le monde artistique » (2007, p. 423). Le bourgeois voit alors le peintre d’un œil différent, comme quelqu’un au service duquel il pourra s’enrichir, et le peintre, qui s’enrichit lui aussi à son tour, envisage bien différemment la vie bourgeoise. Le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1882, date de l’ouverture du Salon, Edmond de Goncourt notait dans son &lt;i style=""&gt;Journal&lt;/i&gt; que Carolus-Duran se comportait comme un grand bourgeois tapageur et que Heilbuth avait fait son entrée comme un diplomate. Ce brouillage des identités inspirait au diariste la réflexion suivante : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;Ah ! si j’étais plus jeune, le beau roman à recommencer sur le monde de l’art, et à faire tout dissemblable de Manette Salomon, avec un peintre de l’avenue Villiers, un peintre bohème vivant dans le grand monde et la high life, comme Forain, un raisonneur d’art, à la façon de Degas, et toutes les variétés de l’artiste impressionniste&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (VI, p. 197).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" face="georgia" style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyAzIUZ7_VI/AAAAAAAAC40/NxTbUc0gLsw/s1600-h/van-gogh-autoportrait.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 263px; height: 320px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyAzIUZ7_VI/AAAAAAAAC40/NxTbUc0gLsw/s320/van-gogh-autoportrait.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5413382970108804434" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;S’agissant de l’artiste maudit, qu’illustre le cas Van Gogh, Heinich déplore que la fiction n’en ait pas beaucoup parlé. Elle conclut alors que la figure de l’artiste maudit, durant tout le &lt;/span&gt;&lt;span style="font-variant: small-caps;font-size:100%;" &gt;xx&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, «&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;semblera désormais trop pauvre pour soutenir l’imaginaire&lt;/span&gt; » et que « &lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;les romans seront remplacés par les vraies vies d’artistes, les biographies des grands maudits&lt;/span&gt; » (p. 112). Résumons : dans un cas (pendant tout le &lt;/span&gt;&lt;span style="font-variant: small-caps;font-size:100%;" &gt;xix&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle), la fiction dépasse et transcende la réalité, dans l’autre (tout au long du &lt;/span&gt;&lt;span style="font-variant: small-caps;font-size:100%;" &gt;xx&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle), c’est la réalité qui dépasse la fiction, ce qui fournit une raison suffisante à Heinich pour s’arrêter à la lecture des romans du &lt;/span&gt;&lt;span style="font-variant: small-caps;font-size:100%;" &gt;xix&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle et évacuer toute la littérature du &lt;/span&gt;&lt;span style="font-variant: small-caps;font-size:100%;" &gt;xx&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, qui se trouve ainsi expédiée à peu de frais : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;c’est pourquoi la littérature contemporaine, à la différence de celle du &lt;span style="font-variant: small-caps;"&gt;xx&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, apparaît si pauvre en grands artistes de fiction&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (p. 112). Ce genre de phrase relève de la pure affirmation gratuite. Elle n’est étayée par aucune donnée tangible. Pour soutenir pareille assertion, il faudrait pouvoir se plonger dans tous les volumes imprimés que la bibliographie nationale a produits en un siècle et être capable de repérer tous les romans dont un des personnages soit un peintre – ce qui, soit dit en passant, est chose impossible.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" face="georgia" style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0); font-family: georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Que conclure de tout cela ? Il me semble qu’il faut imputer les ambitions totalisantes et synthétiques de Nathalie Heinich à une certaine forme de flemme qu’elle est la première à reconnaître en répondant à Julien Ténédos : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;J’ai longtemps hésité à m’y mettre [à&lt;/i&gt; l’Élite artiste&lt;i style=""&gt;] car tant qu’il s’agissait de donner une suite à &lt;/i&gt;Du Peintre à l’artiste&lt;i style=""&gt;, je me heurtais à l’énorme documentation qu’il aurait fallu avaler sur le&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt; XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle : des kilomètres d’articles ou de monographies, souvent minuscules, dont raffolent tant d’historiens d’art. La perspective s’est dégagée lorsque j’ai compris que mon objet n’était pas seulement l’histoire du statut d’artiste, avec le basculement de la profession à la vocation, mais aussi, et surtout, la question de la place de l’excellence et de la singularité dans une société démocratique constituée sur la valeur d’égalité. Bref, il ne s’agissait plus tant de sociologie de l’art que de sociologie politique&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; »&lt;b style=""&gt; &lt;/b&gt;(I, p. 120). Évidemment, les politistes, en histoire de l’art, ils n’y connaissent rien : ils n’iront pas sur les plates-bandes de Nathalie Heinich. C’est gonflé, mais il fallait y penser ! Le prix à payer de cette hauteur paraît si exorbitant qu’on se demande s’il ne serait pas plus fondé de renoncer à ces développements aussi évolutionnistes que téléologiques qui en disent plus sur les limites du chercheur que sur celles qui structurent la réalité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0); font-family: georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0); font-family: georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;b style=""&gt;Bibliographie&lt;/b&gt; :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0); font-family: georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" face="georgia" style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;About (Edmond) &lt;i style=""&gt;Les Mariages de Paris&lt;/i&gt;, Paris, Hachette, 1888 (1&lt;sup&gt;re&lt;/sup&gt; éd. 1856). Texte disponible sur Gallica.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0); font-family: georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Balzac (Honoré), &lt;st1:personname productid="La Com￩die" st="on"&gt;&lt;i style=""&gt;La Comédie&lt;/i&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;i style=""&gt; humaine&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1976-1979, 12 volumes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0); font-family: georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Goncourt (Edmond et Jules), &lt;i style=""&gt;Journal des Goncourt : mémoires de la vie littéraire&lt;/i&gt;, Paris, Charpentier-Fasquelle, Vol. 6, 1892. Texte disponible sur Gallica&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;            &lt;p class="MsoNormal" face="georgia" style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Heinich (Nathalie), &lt;i style=""&gt;Du peintre à l’artiste&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1993 - &lt;i style=""&gt;Être artiste&lt;/i&gt;, Paris, Klincksieck, 1996 - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Sociologie de Norbert Elias&lt;/span&gt;, Paris, La Découverte, 2002 - &lt;i style=""&gt;Mères-filles&lt;/i&gt;, Paris, Albin-Michel, 2003 - &lt;i style=""&gt;L’Élite artiste&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 2005 - &lt;st1:personname productid="La Sociologie" st="on"&gt;&lt;i style=""&gt;La  Sociologie&lt;/i&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;i style=""&gt; à l’épreuve de l’art. Entretiens avec Julien Ténédos&lt;/i&gt;, Paris, Aux lieux d’être, 2 vol., 2006-2007 - &lt;i style=""&gt;Pourquoi Bourdieu&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 2007 - &lt;i style=""&gt;Le Bêtisier du sociologue&lt;/i&gt;, Paris, Klincksieck, 2009.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" face="georgia" style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Martin-Fugier (Anne), &lt;st1:personname productid="La Vie" st="on"&gt;&lt;i style=""&gt;La Vie&lt;/i&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;i style=""&gt; d’artiste au &lt;/i&gt;&lt;i style=""&gt;XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle&lt;/i&gt;, Paris, L. Audibert, 2007.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" face="georgia" style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Pontmartin (Armand de) « Le roman bourgeois et le roman démocrate », &lt;i style=""&gt;Le Correspondant&lt;/i&gt;, 25 juin 1857.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" face="georgia" style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Sorel (Charles), &lt;i style=""&gt;Description de l’isle de Portraiture et de la ville des Portraits&lt;/i&gt;, &lt;st1:metricconverter productid="1659 in" st="on"&gt;1659 in&lt;/st1:metricconverter&gt;&lt;i style=""&gt;Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques&lt;/i&gt;, tome 26, Paris, 1788, p. 337-400. Texte disponible sur Gallica.&lt;/span&gt; &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" face="georgia" style="text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Vasari, &lt;i style=""&gt;Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes&lt;/i&gt;, Paris, Berger-Levrault, 1981-1987, 11 volumes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/737088949471786834-5214988847576351613?l=italiansbetter.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://italiansbetter.blogspot.com/feeds/5214988847576351613/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=737088949471786834&amp;postID=5214988847576351613' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/737088949471786834/posts/default/5214988847576351613'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/737088949471786834/posts/default/5214988847576351613'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://italiansbetter.blogspot.com/2009/12/des-tics-dheinich.html' title='Des tics d’Heinich'/><author><name>Tintin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17605516034841648923</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SyAu8w_yxSI/AAAAAAAAC4c/BrE16m_FdLc/s72-c/Auspicious+cranes+%281132%29.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-737088949471786834.post-3316640643446867267</id><published>2009-11-15T16:00:00.019+01:00</published><updated>2010-06-30T15:17:09.074+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Foutage de gueule'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nathalie Heinich'/><title type='text'>Quand Heinich panique</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/Sv4GU-9gBYI/AAAAAAAACzM/z7NIy4mwl0o/s1600-h/tintin+dans+le+vide.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 320px; display: block; height: 294px; cursor: pointer;" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5403763560459273602" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/Sv4GU-9gBYI/AAAAAAAACzM/z7NIy4mwl0o/s320/tintin+dans+le+vide.gif" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; Dans un&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; &lt;a href="http://italiansbetter.blogspot.com/2009/10/nathalie-heinich-le-betisier-de-la.html"&gt;post récent&lt;/a&gt; où j’ai critiqué deux de ses livres, Nathalie Heinich a réagi violemment dans un commentaire. Estimant que j’étais dépourvu de toute « générosité intellectuelle » dans la présentation que j’ai faite de &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;L’&lt;/span&gt;&lt;i style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;É&lt;/i&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;lite artiste&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;, celle-ci m’a conseillé de me plonger dans Tintin au lieu de passer mon temps à lire ses ouvrages auxquels, paraît-il, je ne comprendrais rien. J’avoue que je n’arrive pas à déterminer si sa remarque est bête ou méchante. Il se pourrait, aussi, selon le mot de Jules Renard, qu’elle soit «plus bête que méchante, mais si bête que la part de méchanceté reste belle ».&lt;/span&gt; &lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: left; text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);" class="MsoNormal"&gt;Si je n’ai peut-être rien compris à ses livres, nous sommes alors nombreux dans ce cas, à commencer par tous les sociologues de métier, dont certains fort connus, qui m’ont écrit pour me féliciter de mon billet. Que Nathalie Heinich se console : comme Rimbaud, Lautréamont ou Van Gogh, elle est et reste une grande incomprise.&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: left; text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);" class="MsoNormal"&gt;Il y a quelque chose de passablement paradoxal à en appeler à la « générosité intellectuelle » dans un message où se lisent à chaque ligne, à chaque mot, la méchanceté, la suffisance et le mépris de son auteure : c’est vraiment l’hôpital qui se fout de la charité ! Finalement, je crois que mon meilleur allié dans cette affaire est… Nathalie Heinich elle-même dont la mauvaise foi et la brutalité, sans que je n’aie rien à faire, plaident en ma faveur. À côté, Attali, Finkielkraut ou autres canailles du même tonneau sont des enfants de chœur.&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: left; text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);" class="MsoNormal"&gt;Elle n’a pas d’autre argument que d’autorité pour tenter en vain de relativiser mon propos dans une attitude pitoyablement corporatiste, en faisant du débat sociologique une affaire de spécialistes d’où sont exclus les « amateurs » auxquels Bruno Latour, soit dit en passant, avait su redonner toute leur noblesse (&lt;i&gt;Petites leçons de sociologie des sciences&lt;/i&gt;, préface). Cette controverse pourra illustrer un jour la peur panique que pouvaient inspirer aux chercheurs Internet et la liberté critique qu’il autorise, hors des routines et des courbettes requises par la bienséance académique.&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;C’est donc parce que je serais un amateur que Heinich croit pertinent de me rappeler que la science est « cumulative ». Elle fait dépendre la cumulativité de la science de l’absence de sélectivité dans les sources et proclame que, à la différence des journalistes qui sont tenus de vérifier leurs sources, les sociologues, eux, sont exempts de cette contrainte ! Très franchement, je ne connais pas beaucoup de chercheurs en sciences sociales qui seraient prêts à souscrire à ce principe qui ouvre grand la porte à toutes les turpitudes. Pendant des siècles, on a glosé sur Aristote sans jamais s’aviser de vérifier si les principes de sa &lt;i&gt;Physique&lt;/i&gt; étaient vrais. Nathalie Heinich, elle, voudrait aristotéliser la sociologie. Ne nous y trompons pas, le caractère cumulatif de la science n’est invoqué ici que pour justifier la paresse intellectuelle d’une auteure qui considère, tout bien pesé, la non-vérification des sources, à laquelle oblige la précipitation, comme quelque chose de moins blâmable que le plagiat.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: left; text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);" class="MsoNormal"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SwAd5ZUAIjI/AAAAAAAACzs/_KyHEKeLrxA/s1600-h/tintin+dort.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 320px; display: block; height: 207px; cursor: pointer;" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404352424729125426" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SwAd5ZUAIjI/AAAAAAAACzs/_KyHEKeLrxA/s320/tintin+dort.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Au sujet du bovarysme qui constitue vraiment sa marque de fabrique, elle s’en défend en disant que la fiction fait aussi partie de la réalité. Étrange « confusion des sphères » comme aurait dit Carnap ! Si la fiction peut parfois éclairer l’analyse, comme le rappelle à juste titre Goody dans &lt;i&gt;Food and love&lt;/i&gt; (London, Verso, 1998, p. 169), et notamment quand les sources sont lacunaires, elle ne saurait s’y substituer quand elles sont pléthoriques. Mais évidemment, elles requièrent de « longues années de recherche »! Imagine-t-on, par exemple, une enquête sociologique sur le suicide uniquement « à partir des » &lt;i&gt;Souffrances du jeune&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Werther &lt;/i&gt;ou de &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt;? Ce serait tout simplement aberrant. C’est pourtant la démarche que défend Nathalie Heinich qui nous dit que la sociologie de l’art est une sociologie où « le &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; est à entendre non au génitif – l’art comme objet &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; la sociologie – mais à l’ablatif – une sociologie à partir &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; l’art » (&lt;i&gt;L’Élite artiste&lt;/i&gt;, p. 12).&lt;/p&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: left; text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);" class="MsoNormal"&gt;Heinich affirme également que je suis un grand « naïf » lorsque je considère que Scudéry ou Nodier sont des romanciers, alors que la sociologue affirme, à tort, que c’est Jules Sandeau le premier romancier à entrer sous la coupole. L’Académie française est-elle naïve aussi quand, sur &lt;a href="http://www.academie-francaise.fr/"&gt;&lt;u&gt;son site Internet&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;, elle présente, à juste titre, le premier comme un « romancier, auteur dramatique et poète » et le second comme un « romancier, poète et grammairien », tandis que Sandeau, qui n’aurait écrit que des romans selon Heinich, est présenté aussi comme un «dramaturge». Encore une fois, Nathalie Heinich dit n’importe quoi !&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: left; text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);" class="MsoNormal"&gt;Sur la « générosité intellectuelle », enfin, dont je serais dépourvu pour apprécier à sa juste valeur le croisement disciplinaire qu’opère l’auteure de &lt;i&gt;L’Élite artiste&lt;/i&gt;, je me demande, tout compte fait, si Nathalie Heinich est bien la mieux placée pour affirmer ce genre de chose. Est-ce généreux, d’un simple point de vue descriptif, que de traiter toute différence théorique comme une forme caractérisée de bêtise et de ramener toute divergence de vue à l’expression d’une « incompréhension » comme elle le fait systématiquement à l’encontre de ses contradicteurs qu’elle assimile, par régression psychologique, à des gens « aigris » ? S’il m’est permis, à mon tour, de suggérer une lecture à Nathalie Heinich, ce serait bien Davidson, et son fameux « principe de charité » qu’elle ne doit pas avoir beaucoup médité dans sa vie, ce qui est gravissime pour une sociologue qui dit prendre au sérieux la compétence critique des acteurs.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: left; text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);" class="MsoNormal"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SwAXfVvXi2I/AAAAAAAACzU/6VDJ_rToY8s/s1600-h/Davidson.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 209px; display: block; height: 320px; cursor: pointer;" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404345380023798626" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SwAXfVvXi2I/AAAAAAAACzU/6VDJ_rToY8s/s320/Davidson.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Est-ce être généreux, d’un point de vue citoyen et politique cette fois, que de mobiliser tout son savoir, toute son autorité, pour faire en sorte que le législateur n’accorde aucun droit aux gays et aux lesbiennes dans notre pays ? Relisez &lt;a href="http://italiansbetter.blogspot.com/1999/01/nathalie-heinich-contre-le-pacs.html"&gt;&lt;u&gt;sa lettre ouverte contre le Pacs&lt;/u&gt;&lt;/a&gt; – un must dans le genre ignoble – et vous vous rendrez compte que la sociologue a toujours mis son intelligence au service des pires causes. Ce texte dans lequel elle considère l’homosexualité comme un « choix de vie » – si ce n’est pas de la bêtise, ça ! – n’est disponible nulle part sur Internet sauf sur mon blog. Si c’est ça la générosité intellectuelle, on comprendra que je ne mange pas de ce pain-là.&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: center; text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);" class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: center; text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);" class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: left; text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);" class="MsoNormal"&gt; La suite se trouve &lt;a href="http://italiansbetter.blogspot.com/2009/12/des-tics-dheinich.html"&gt;ICI&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify; text-indent: 14.2pt; color: rgb(0, 0, 0);" class="MsoNormal"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SwAYl_YaZoI/AAAAAAAACzc/CEjupY7pkW8/s1600-h/Tintin+et+abdallah.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 320px; display: block; height: 299px; cursor: pointer;" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404346593792648834" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SwAYl_YaZoI/AAAAAAAACzc/CEjupY7pkW8/s320/Tintin+et+abdallah.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/737088949471786834-3316640643446867267?l=italiansbetter.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://italiansbetter.blogspot.com/feeds/3316640643446867267/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=737088949471786834&amp;postID=3316640643446867267' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/737088949471786834/posts/default/3316640643446867267'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/737088949471786834/posts/default/3316640643446867267'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://italiansbetter.blogspot.com/2009/11/quand-heinich-panique.html' title='Quand Heinich panique'/><author><name>Tintin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17605516034841648923</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/Sv4GU-9gBYI/AAAAAAAACzM/z7NIy4mwl0o/s72-c/tintin+dans+le+vide.gif' height='72' width='72'/><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-737088949471786834.post-7211351489532488180</id><published>2009-10-30T01:36:00.037+01:00</published><updated>2009-12-24T10:20:59.530+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Foutage de gueule'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nathalie Heinich'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bovarysme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Balzac'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Goody'/><title type='text'>Nathalie Heinich : le bêtisier de la sociologue</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SuqdblPRptI/AAAAAAAACwM/xJIv196cVjc/s1600-h/B%C3%AAtisier+005.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 240px; height: 320px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SuqdblPRptI/AAAAAAAACwM/xJIv196cVjc/s320/B%C3%AAtisier+005.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5398300200535172818" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" &gt;On fait tous des erreurs de jeunesse. Pour les uns, ce sera Mao, pour les autres, la psychanalyse. Moi, mon erreur de jeunesse, ça a été, pendant des années, de m’enthousiasmer pour les travaux de Nathalie Heinich, d’acheter tous ses livres, un à un, et d’imaginer que j’étais plus intelligent après les avoir lus. Je l’avais découverte au moment où j’étais étudiant. À l’époque, je dépouillais tous les catalogues des éditeurs, et en feuilletant celui des éditions de Minuit, j’étais tombé sur un livre dont le titre m’avait tout de suite intrigué : &lt;/span&gt;&lt;st1:personname style="font-family: georgia; color: rgb(0, 0, 0);" productid="La Gloire" st="on"&gt;&lt;i style=""&gt;La Gloire&lt;/i&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;i style="font-family: georgia; color: rgb(0, 0, 0);"&gt; de Van Gogh. Essai d'anthropologie de l’admiration&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; (Minuit, 1991).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SuobNseT9UI/AAAAAAAACv8/zgG9gSnMCm8/s1600-h/Heinich,+Gloire+de+Van+Gogh.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 197px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SuobNseT9UI/AAAAAAAACv8/zgG9gSnMCm8/s320/Heinich,+Gloire+de+Van+Gogh.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5398157025447507266" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;J’avais donc commencé par ce livre-ci que j’avais trouvé génial et j’avais enchaîné ensuite avec &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: georgia;"&gt;Du Peintre à l’artiste &lt;/i&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;(Minuit, 1993), une thèse sur le statut des peintres aux &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;font-size:100%;"  &gt;XVII&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;&lt;sup style="font-family: georgia;"&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt; et &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;font-size:100%;"  &gt;XVIII&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;&lt;sup style="font-family: georgia;"&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt; siècles que Nathalie Heinich avait conduite, quelques années plus tôt, sous la direction de Pierre Bourdieu, ce qui me semblait à l’époque, tout bourdieusien que j’étais, un gage de sérieux. En 1996, j’ai commencé à douter avec &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: georgia;"&gt;États de femmes&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt; (Gallimard)&lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: georgia;"&gt; &lt;/i&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;: une première application du bovarysme à la sociologie. J’en ai déjà dénoncé cet été les ravages dans sa pratique de sociologue qu’il n’est pas utile que je revienne là-dessus, les lecteurs les plus curieux s’y reporteront à nouveau &lt;a href="http://italiansbetter.blogspot.com/2009/07/quelques-reflexions-sur-le-bovarysme.html"&gt;ici&lt;/a&gt;. En 1998, paraît &lt;/span&gt;&lt;i style="font-family: georgia;"&gt;Le Triple jeu de l’art contemporain&lt;/i&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt; (Minuit), un livre qui passe tout l’art contemporain à la moulinette d’une seule idée : la transgression ! Allez dire à Soulages, à Boltanski qu’ils sont transgressifs, ils vous riront au nez ! C’est pourtant ce que ne cesse de faire Heinich qui parle de transgression des limites, de transgression du sacré, de transgression de la morale, de transgression juridique, c’est sa tarte à la crème.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;    &lt;p class="MsoNormal"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;Mais c’est en 1999 que j’ai reçu un coup de poignard, à l’occasion du débat sur le PACS. Foulant aux pieds tous ses principes sur la neutralité axiologique qu’elle avait défendus dans &lt;i style=""&gt;Ce que l’art fait à la sociologie&lt;/i&gt; (Minuit, 1998), Nathalie Heinich est descendue dans l’arène politique pour s’opposer au Pacs en signant une tribune dans &lt;i style=""&gt;Le Monde &lt;/i&gt;intitulée « &lt;a href="http://italiansbetter.blogspot.com/1999/01/nathalie-heinich-contre-le-pacs.html"&gt;Ne laissons pas la critique du Pacs à la droite&lt;/a&gt; ». Grrrr. J’ai commencé alors à mettre des cartes postales géantes sur ma bibliothèque pour cacher tous ses livres… que j’ai, malgré tout, continué d’acheter. Pas très longtemps, je vous rassure : en 2000, en effet, paraît &lt;i style=""&gt;L’épreuve de la grandeur&lt;/i&gt;, une enquête sur la reconnaissance et l’impact des prix littéraires sur les auteurs eux-mêmes, puis en 2002 sort &lt;i style=""&gt;Mère-filles&lt;/i&gt;, un véritable… navet sociologique promis pourtant à un véritable succès, illustrant le principe « plus c’est gros, mieux ça passe » : Nathalie Heinich, explore ici le sentiment maternel et filial en s’intéressant uniquement aux personnages de mères et de filles forgés par les écrivains. Vous imaginez ce que ça donnerait si on faisait une histoire de l’homosexualité à partir des romans de &lt;st1:personname productid="la Belle" st="on"&gt;la Belle&lt;/st1:personname&gt; Époque! On en frémit déjà ! Mais, comme deux ne va jamais sans trois, Nathalie Heinich récidive en 2005 avec &lt;i style=""&gt;L’Élite artiste &lt;/i&gt;(Gallimard)&lt;i style=""&gt;. &lt;/i&gt;Dans ce livre,&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;elle exploite à nouveau le terrain de la littérature mais pour tenter cette fois d’élucider l’identité artiste au &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle&lt;i style=""&gt;.&lt;/i&gt; Un livre totalement affligeant, tant sur la méthode que sur le contenu : elle a lu dix romans de Balzac qui mettent en scène des peintres, et elle croit après ça être en mesure de dire ce qu’est le statut de l’artiste à cette époque. Elle &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;a lu aussi un roman dont le héros est un compositeur de musique (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gambara &lt;/span&gt; de Balzac) et, prenant la partie pour le tout, elle prétend après cela être capable de parler du&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt; statut des musiciens à cette époque!... À côté, le bovarysme de &lt;a href="http://italiansbetter.blogspot.com/2008/11/les-rats-de-la-famille-de-michael-lucey.html"&gt;Michael Lucey&lt;/a&gt;, c’est vraiment du pipi de chat !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;Et voilà qu’aujourd’hui elle publie &lt;i style=""&gt;Le Bêtisier du sociologue&lt;/i&gt; dans lequel elle dénonce les erreurs de raisonnement de ses collègues sociologues – un livre qu’elle a dû, à plusieurs reprises, s’arrêter d’écrire, tellement elle riait en l’écrivant ! Je l’ai eu entre les mains, je vous assure que c’est à pleurer ! Elle voit dans l’homoparentalité un « abus de droit » (p. 92-93), dans les années soixante-dix une époque « calamiteuse » (p. 110) et elle s’indigne qu’on ne puisse plus utiliser la notion de « race » qu’elle s’emploie donc à relégitimer (p. 111-113)…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SuobBmZHXBI/AAAAAAAACvs/hbOqLPOA9jw/s1600-h/Heinich,+b%C3%AAtisier.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 204px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SuobBmZHXBI/AAAAAAAACvs/hbOqLPOA9jw/s320/Heinich,+b%C3%AAtisier.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5398156817656667154" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Dans ce dernier opus, Nathalie Heinich écrit ceci : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;C’est triste à dire pour la sociologue de l’art que je suis, mais l’art est un fâcheux foyer de bêtises en sociologie&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; ». Prenons-là aux mots et ouvrons un livre de sociologie de l’art – un livre d’elle s’entend ! – pour tâcher d’y observer la loi qu’elle décrit si bien. Vous verrez alors comment ses livres peuvent fournir un excellent terrain d’observation de ce qu’elle appelle la &lt;i style=""&gt;bêêêêtise&lt;/i&gt;. On va donc s’employer, dans les lignes qui suivent, à retourner Nathalie Heinich contre elle-même et à montrer que tout ce qu’elle énonce n’est jamais si vrai que pour ses propres livres.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SuofBWdkszI/AAAAAAAACwE/EbX47LEhXYk/s1600-h/Heinich,+Elite+artiste.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 195px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SuofBWdkszI/AAAAAAAACwE/EbX47LEhXYk/s320/Heinich,+Elite+artiste.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5398161211426911026" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Prenons un livre comme &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;L&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;&lt;i style=""&gt;’&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Élite artiste. &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;Ce qui fait l’originalité absolue d’un livre comme celui-là, c’est le terrain de l’enquête. Nathalie Heinich se propose d’enquêter sur le statut de l’artiste au &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle à partir… on n’ose l’écrire… des romans. On s’attendrait, venant d’une sociologue, qu’elle dépouille plutôt des registres d’archives, des règlements d’académies, qu’elle analyse les contrats qui liaient les peintres à leurs commanditaires, etc… Pas du tout, les fictions lui conviennent très bien, au motif qu’elles exemplifient certaines valeurs. C’est tellement plus simple, ça permet de rester au chaud chez soi et d’éviter d’aller dans les bibliothèques!…&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;C’est là où le bât blesse car c’est moins sur des êtres « en chair et en os », ayant réellement existé, que sur des « êtres de papier », inventés de toute pièce par des écrivains, que Heinich s’appuie pour mener son enquête. Or il est impossible de traiter des personnages de fiction comme s’ils étaient des personnes réelles, en gommant, comme si de rien n’était, cette frontière évidemment irréductible entre &lt;i style=""&gt;personnes&lt;/i&gt; et &lt;i style=""&gt;personnages&lt;/i&gt; que les auteurs s’évertuent à faire oublier au lecteur dans le cadre de l’illusion romanesque. Avec une telle définition de ce qui est « réel », tout fait en effet partie de la « réalité » : mythes, récits, fictions, en bref : n’importe quoi. À ce titre aussi le père Noël fait partie de la réalité, mais il n’est réel que comme entité à laquelle seules les enfants croient.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;On peut recourir aux fictions quand les sources sont lacunaires, mais bien évidemment ce n’est pas le cas ici. Si Heinich s’intéresse aux fictions, c’est parce que, selon elle, s’y reflètent « les valeurs de sens commun » (23). Mais, contrairement à ce qu’elle écrit, les fictions n’offrent pas un reflet des valeurs d’une époque : ils sont des dispositifs visant à faire vibrer ceux qui les lisent, c’est tout à fait différent. Heinich les lit au niveau sémantique alors qu’il faut envisager le roman d’un point de vue pragmatique : ce qu’il signifie est avant tout ce qu’il fait à celui qui le lit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;N’en faisant qu’à sa tête, Heinich affirme que le roman, en vertu de son indéniable succès populaire au &lt;/span&gt;&lt;span style="font-variant: small-caps;font-size:100%;" &gt;xix&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, est le creuset des valeurs de sens commun. Faisons comme si c&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;’&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;était vrai… Le problème est que les romans sélectionnés dans son corpus sont, dans leur quasi-totalité, tout sauf populaires. Il est difficile d’admettre que &lt;i style=""&gt;Le Chef-d’œuvre inconnu&lt;/i&gt; de Balzac (1831), &lt;i style=""&gt;Manette Salomon&lt;/i&gt; des frères Goncourt (1867), &lt;i style=""&gt;À Rebours&lt;/i&gt; de Huysmans (1884) ou encore &lt;i style=""&gt;Monsieur de Phocas&lt;/i&gt; de Jean Lorrain (1901), pour s’en tenir à des œuvres que Heinich exploite largement, constituent des romans « populaires » qui concentrent toutes les valeurs communes d’une société. Si elle voulait vraiment des romans populaires, il aurait mieux valu qu’elle analyse ceux d’Edmond About, mais elle ne s’en est pas donné la peine !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;On pourra s’étonner aussi que les vaudevilles, qui étaient véritablement populaires à l’époque, passent ici à la trappe. Mais Nathalie Heinich est pressée et n’a pas envie de perdre son temps en bibliothèque : « &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;il faudrait de longues années de recherches pour pouvoir intégrer à notre corpus ces fictions pourtant si typiques de l’époque&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » C’est donc au motif que ces œuvres n’ont jamais été analysées de façon systématique et que leur investigation impliquerait un travail considérable que Heinich justifie leur élimination de son corpus, violant ainsi le principe qu’elle avait défendu un peu plus haut, selon lequel la &lt;i style=""&gt;généralité&lt;/i&gt; des valeurs dériverait de la &lt;i style=""&gt;popularité&lt;/i&gt; des œuvres. Consciente des lacunes criantes de son corpus, Heinich concède qu’« &lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;il faudrait pouvoir y ajouter [au corpus d’œuvres de fictions], les pièces de théâtre, les opéras et la poésie, mais la documentation est malheureusement lacunaire, le paradoxe étant que, par un effet de chiasme, le genre qui nous intéresse le plus – le roman – était considéré comme mineur à l’époque, alors que les œuvres poétiques et théâtrales, qui tenaient le haut du pavé, sont aujourd’hui tombées, pour une grande part, dans l’oubli&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (p. 163). Bel exemple de malhonnêteté intellectuelle, ce n’est pas parce que les œuvres sont tombées dans l’oubli qu’elles ne sont plus accessibles. À quoi servent donc les bibliothèques ? Nathalie Heinich ne doit pas beaucoup les fréquenter, car il existe de nombreux catalogues et répertoires qui signalent les vaudevilles. Le fait que le temps d’étude soit trop long est-il un argument suffisant pour affirmer qu’il n’est pas possible d’en faire l’étude ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;On comprend alors que, par paresse intellectuelle, Nathalie Heinich se retourne vers les terres balzaciennes, bien mieux balisées, grâce à d’illustres balzaciens qui sont passés avant elle et auxquels elle n’hésite pas à reprendre, mot pour mot, leurs analyses. C’est ce qui explique la surreprésentation de Balzac dans son corpus : sur les 60 œuvres de fiction qui le constituent, figurent douze romans de Balzac (soit 20 % du corpus). La présence de Balzac surprend car on ne peut vraiment pas dire que l’auteur de &lt;st1:personname productid="La Comédie" st="on"&gt;&lt;i style=""&gt;La Comédie&lt;/i&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;i style=""&gt; humaine &lt;/i&gt;soit connu pour avoir été de son vivant en empathie directe avec les valeurs de sens commun. Il a, au contraire, mis toute son énergie à s’opposer à ces valeurs, tant dans sa vie, que dans ses œuvres. Ses romans ne dupliquent pas le réel, ils le dépassent et le transcendent. Par conséquent, chercher le « sens commun » dans les romans de Balzac a, finalement, à peu près autant de sens que de demander à un historien du &lt;/span&gt;&lt;span style="font-variant: small-caps;font-size:100%;" &gt;xviii&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle de reconstituer la condition paysanne à partir seulement des figures de bergers peintes par Boucher sur les services en porcelaine de la manufacture de Sèvres. Je montrerai &lt;a href="http://italiansbetter.blogspot.com/2009/12/des-tics-dheinich.html"&gt;une prochaine fois&lt;/a&gt;, dans le cas du&lt;i style=""&gt; Chef-d’œuvre inconnu&lt;/i&gt;, comment certains éléments du récit (comme le désordre de l’atelier du peintre, la nature mélancolique de l’artiste, le don de soi, l’amour de l’art, la pauvreté choisie et non subie, la solitude, l&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;’&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;isolement, etc.) ne dérivent pas du paradigme romantique, comme le soutient Nathalie Heinich.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Mais les réserves qu’inspire le travail de la sociologue ne sont pas seulement de nature épistémologique. Elles sont aussi, plus platement, &lt;i style=""&gt;philologiques&lt;/i&gt;. &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;À plusieurs reprises Heinich affirme le caractère insolite d’un certain nombre d’événements&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Ainsi, au début de son ouvrage, elle affirme de façon expéditive &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;que &lt;i&gt;Le Chef-d’œuvre inconnu&lt;/i&gt; de Balzac est « &lt;b style=""&gt;&lt;i&gt;le premier roman dans la littérature française à avoir pour héros un peintre et la création pour sujet&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (p. 15). Comment peut-on en être certain ? Quelle place fait-elle au roman de Charles Sorel, &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;i style=""&gt;Description de l’isle de Portraiture et de la ville des portraits &lt;/i&gt;(1659) qui décrit l’activité de plusieurs peintres ?&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SurbIUzCBcI/AAAAAAAACw8/BS5O9i4lovE/s1600-h/Scud%C3%A9ry.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 246px; height: 320px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SurbIUzCBcI/AAAAAAAACw8/BS5O9i4lovE/s320/Scud%C3%A9ry.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5398368039425148354" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Ensuite, Heinich n’a pas peur d’affirmer que « &lt;b style=""&gt;&lt;i&gt;le premier romancier&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » à entrer à l’Académie française est Jules Sandeau (1811-1883) et de renvoyer – sans vérifier l’information – à un article de Rémy Ponton qui affirme avant elle pareille chose (p.72).&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; On a envie de lui dire : Et Georges de Scudéry (1601-1667), alors ? N’était-il pas, avec sa sœur, l’auteur de plusieurs romans fleuves ? La liste est longue : Vigny, auteur en 1826 de &lt;i style=""&gt;Cinq Mars&lt;/i&gt;, est élu au fauteuil d’académicien en 1845 ; Sainte-Beuve, auteur en 1834 de &lt;i style=""&gt;Volupté&lt;/i&gt;, est élu en 1844, sans oublier Charles Nodier, auteur en 1803 du&lt;i style=""&gt; Peintre de Saltzbourg&lt;/i&gt; (un roman qui figure pourtant dans le corpus de Heinich) qui devient académicien en 1833 ! On le voit, tout ça n’est pas sérieux !&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Elle dit encore que les premiers « artistes vocationnels » n’apparaissent qu’à la fin du &lt;/span&gt;&lt;span style="font-variant: small-caps;font-size:100%;" &gt;xviii&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;/span&gt; siècle ou au début du &lt;span style="font-variant: small-caps;font-size:100%;" &gt;xix&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle… Ça c’est parce qu’elle a construit un modèle évolutionniste où , au régime artisanal, succède le régime professionnel (avec son académie, son enseignement, ses règles) et, à ce dernier régime, le régime vocationnel (où l&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;’&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;artiste engendre des œuvres qui ne résultent plus d&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;’&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;une stricte application des règles). On reste sceptique devant cette tripartition : de nombreux témoignages montrent au contraire que des vocations d’artistes se sont rencontrées à toutes les époques, pas seulement au &lt;/span&gt;&lt;span style="font-variant: small-caps;font-size:100%;" &gt;xix&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle. Mais Nathalie Heinich brocarde ses « éminents collègues » qui lui ont fait comprendre qu’elle ne connaît rien à l’histoire de l’art… Dans son &lt;i style=""&gt;Bêtisier&lt;/i&gt; (p.58), elle balaie l’objection d’un revers de main en disant que ce ne sont que des exceptions, pas la normalité. Du coup, le modèle devient irréfutable. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Il faudrait sans doute faire à l’histoire de l’art ce que Jack Goody a fait à l’anthropologie de la famille, où celui-ci a considérablement revu à la baisse les inventions fracassantes, telles celle, célébrissime, d’Ariès, s’agissant de l’enfance.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Plus grave, &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Heinich ne cite jamais ses sources documentaires. Les citations sont simplement reproduites en italique sans note de bas de page. Le lecteur devra se débrouiller tout seul pour retrouver les passages cités. Cette pratique a pour conséquence d’empêcher tout contrôle qui pourrait légitimement s’exercer à la suite des doutes, nombreux, qui naissent à la lecture de cet ouvrage, notamment lorsqu’elle cite de façon évidemment inexacte les textes. Ainsi, la dernière phrase de l’&lt;i style=""&gt;Éducation sentimentale&lt;/i&gt; de Flaubert (« c’est là ce que nous avons eu de meilleur ») devient sous la plume de l’auteure : « ce que nous aurons eu de mieux ». On va bientôt comprendre pourquoi…&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Si Nathalie Heinich ne prend pas la peine de référencer ses citations, c’est parce qu’il lui arrive de les reprendre telles quelles chez d’autres auteurs. Pour construire son corpus, &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;elle a pris appui sur un ouvrage de Bowie : il suffit de le vérifier, la plupart des ouvrages qu’elle exploite figurent dans la bibliographie que Bowie avait constituée dans les années 1950 pour sa thèse &lt;i style=""&gt;The Painter in French Fiction&lt;/i&gt; qu’elle cite en biblio.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Bien sûr, Heinich a tout de même pris la peine de l’augmenter de quelques références, glanées ici et là, dans des articles de périodiques, notamment celui de Diaz (« L’artiste romantique en perspective » paru en 1986 dans la revue &lt;i style=""&gt;Romantique&lt;/i&gt;). La comédie de Collin d’Harleville, &lt;i style=""&gt;Les Artistes&lt;/i&gt;, ainsi que&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;les deux seuls vaudevilles de Scribe présents dans son corpus, &lt;i style=""&gt;L’Artiste &lt;/i&gt;et&lt;i style=""&gt; &lt;st1:personname productid="La Mansarde" st="on"&gt;La Mansarde&lt;/st1:personname&gt; des artistes&lt;/i&gt;, proviennent de cet article. Le risque, c’est qu’en piochant chez les autres, on pioche aussi les erreurs qui s’y trouvent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p face="georgia" style="color: rgb(0, 0, 0);" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Que d’erreurs en effet dans ses dates ! Elle prétend ainsi que la première édition des &lt;i style=""&gt;Souvenirs au coin du feu &lt;/i&gt;de Marmontel est de 1818 alors que c’est 1801. En fait l’erreur se trouve chez Théodore Bowie qui, 50 ans avant elle, avait cité une édition posthume de ce texte. Elle soutient encore que &lt;i style=""&gt;La Mansarde des artistes&lt;/i&gt; de Scribe date de 1825 alors que c’est 1824, que &lt;i style=""&gt;Histoire d’un merle blanc&lt;/i&gt; de Vigny date de 1852 alors que c’est 1842,&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;que &lt;i style=""&gt;Les Excentriques&lt;/i&gt; de Champfleury datent de 1856 alors que c’est 1852, que &lt;i style=""&gt;Les Mystères de Marseille&lt;/i&gt; de Zola sont de 1884 alors que c’est 1867 et enfin que &lt;i style=""&gt;Les femmes d’artistes&lt;/i&gt; de Daudet datent de 1889 alors que c’est 1874.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;D’autres erreurs chronologiques, à la différence des précédentes, apparaissent beaucoup plus grossières, notamment quand la sociologue confère à certaines dates une signification factuelle qui s’avère inexacte. Ainsi elle assure, en prenant cette fois appui sur les analyses de Roland Mortier, que « dès 1725 », un article de &lt;/span&gt;&lt;i style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;L’Encyclopédie &lt;/i&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;de Diderot et d’Alembert associe à la notion d’originalité les valeurs négatives de « singularité » et «bizarrerie» (p.117). Or, comme chacun le sait, l’édition du premier volume de l’&lt;/span&gt;&lt;i style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Encyclopédie&lt;/i&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; ne remonte pas avant 1751, soit un bon quart de siècle plus tard.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SurU0IAff1I/AAAAAAAACw0/PqBIcoTsOuE/s1600-h/Encyclopedie+frontispice+1751.gif"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 210px; height: 320px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SurU0IAff1I/AAAAAAAACw0/PqBIcoTsOuE/s320/Encyclopedie+frontispice+1751.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5398361095324794706" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;On voit mal Mortier, un vrai spécialiste du domaine, faire une erreur aussi énorme. Quand on se reporte à son ouvrage (&lt;i style=""&gt;L’Originalité, une nouvelle catégorie esthétique au siècle des Lumières&lt;/i&gt;, Genève, Droz, 1982), on s’aperçoit qu’il dit tout à fait autre chose : il explique au contraire que la valeur négative du substantif (un &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;«&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt; original&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt; »&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;) est attestée dès 1725 et qu’il faut attendre &lt;i style=""&gt;l’Encyclopédie&lt;/i&gt; pour voir le début d’une inflexion positive&lt;i style=""&gt;…&lt;/i&gt;Rien à voir, donc.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on s’étonnera également d’apprendre que le premier tableau d’histoire réalisé par une femme date, selon la sociologue qui cite ses sources, de… 1802. Et la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Madeleine tenant un vase de parfum &lt;/span&gt;d&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;’&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Elisabeth Sophie Chéron (1648-1711), conservée au MBA de Rennes?&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; Cette fois, Heinich s’appuie sur la thèse de François Benoît, &lt;i style=""&gt;L’Art français sous la Révolution et l’Empire&lt;/i&gt;, dans laquelle ce dernier affirmait qu’« en 1802, on les vit pour la première fois aborder la peinture d’histoire ». Sachant qu’il existe bien avant cette date des tableaux d’histoire peints par des femmes, il nous a paru peu crédible que l’historien de l’art avance une telle phrase sans l’assortir d’un minimum de réserves. Et de fait, quand on prend la peine de vérifier la thèse de Benoît, la citation est extraite d’un chapitre où il n’est question que de la peinture des Salons.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style="text-align: center;" class="MsoNormal" face="georgia"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SuzS6-fxcuI/AAAAAAAACxE/U2rqr-jpJ8w/s1600-h/Vig%C3%A9e+le+Brun+Abondance.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 320px; height: 247px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SuzS6-fxcuI/AAAAAAAACxE/U2rqr-jpJ8w/s320/Vig%C3%A9e+le+Brun+Abondance.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5398921963960890082" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Elisabeth Vigée Le Brun, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Paix ramenant l'abondance&lt;/span&gt; (1780)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;À la manière du téléphone arabe, Heinich reprend des informations sans rien vérifier, de sorte que, au final, le lecteur se retrouve avec des faits de deuxième, troisième ou quatrième main: c’est alors que commence l’ère du soupçon. À propos de main, je suis prêt à mettre la mienne au feu que Heinich n’a jamais lu le livre sur lequel elle prend appui pour montrer que le roman n’était pas encore devenu un genre majeur au début du &lt;/span&gt;&lt;span style="font-variant: small-caps; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;xx&lt;/span&gt;&lt;sup style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; siècle, le fameux ouvrage de Gustave Pessard, &lt;/span&gt;&lt;i style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Statuomanie parisienne&lt;/i&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; (Paris, Darangon, 1912). En effet, pour prouver cette thèse, Heinich fait un décompte des statues de romanciers dans la capitale en 1912. Ainsi, elle écrit que Paris compte « &lt;/span&gt;&lt;b style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;i&gt;48 statues de poètes, 47 d’écrivains, 10 d’auteurs dramatiques et 4 seulement de romanciers&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (p. 74).&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="font-family: georgia; text-align: center;" class="MsoNormal"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SurJSiqP3wI/AAAAAAAACwc/uwI7Ntikguc/s1600-h/Balzac,+statue.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 214px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SurJSiqP3wI/AAAAAAAACwc/uwI7Ntikguc/s320/Balzac,+statue.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5398348423735795458" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Balzac par Rodin. Photo : Jeff Kubina&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" face="georgia"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Le problème est que, lorsqu’on prend la peine de consulter vraiment l’ouvrage de Pessard, on s’aperçoit que la notion d’écrivain est beaucoup plus lâche que Heinich semble l’admettre, puisqu’elle rassemble des auteurs tels que Fénelon, Diderot ou M&lt;/span&gt;&lt;sup style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;me&lt;/sup&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; de Staël (qui ont excellé dans d’autres genres que le roman sans pourtant y renoncer complètement avec, par exemple, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Aventures de Télémaque, Les Bijoux indiscrets &lt;/span&gt;ou&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Corinne&lt;/span&gt;). Mais aussi des auteurs comme Marivaux, Musset, Hugo, qui sont à la fois des romanciers et des auteurs dramatiques. Et enfin des auteurs qui passent pourtant davantage pour des romanciers que pour des dramaturges ou des poètes. C’est ainsi que Balzac, Stendhal, Sand, Maupassant, Daudet ne sont pas considérés par Gustave Pessard comme des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;romanciers&lt;/span&gt;, aussi surprenant que cela puisse paraître, mais comme des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;écrivains&lt;/span&gt;. Par conséquent, les chiffres utilisés par Heinich doivent-ils être bien évidemment réinterprétés d’une tout autre manière. Mais évidemment, cela foutrait par terre sa démonstration. C’est pourtant la même qui, dans &lt;/span&gt;&lt;i style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Le bêtisier&lt;/i&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;, déplore chez ses collègues « &lt;/span&gt;&lt;b style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;i&gt;les belles bêtises à propos des nombres&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; » (53). À bêtises, bêtises et demi.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" face="georgia"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SurS2jpZfeI/AAAAAAAACws/P-W-lontRJw/s1600-h/nombres+anthropomorphiques.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 212px; height: 320px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SurS2jpZfeI/AAAAAAAACws/P-W-lontRJw/s320/nombres+anthropomorphiques.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5398358938080607714" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;Autre ouvrage que Nathalie Heinich cite abondamment, mais qu’elle n’a certainement jamais eu entre les mains : &lt;i style=""&gt;Émilie ou la jeune fille auteur &lt;/i&gt;d’Ulliac Trémadeure&lt;i style=""&gt;. &lt;/i&gt;Pour en parler, elle exploite la monographie &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;de Christine Planté&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;, &lt;i&gt;La Petite sœur de Balzac &lt;/i&gt;(Paris, Le Seuil, 1989)&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;. Dans cet ouvrage, Planté évoque la figure d’Ulliac Trémadeure, mais sans jamais citer son prénom qui est Sophie. Heinich, reprenant précipitamment cette référence, ne vérifie pas: Sophie (prénom) Ulliac Trémadeure (nom) devient, chez Heinich, Ulliac (prénom) Trémadeure (nom) (voir l’index des noms, p. 360). C’est avec ce genre de détails que l’on se rend compte qu’une bonne part de l’information d’Heinich est de seconde main et est utilisée superficiellement. Par ailleurs, l’ouvrage d’Ulliac Trémadeure, &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;&lt;i style=""&gt;Émilie ou la jeune fille auteur&lt;/i&gt;,&lt;i style=""&gt; &lt;/i&gt;a été publié dans la collection « Bibliothèque universelle d’éducation » et non dans la « Bibliothèque d’éducation », comme l’avait indiqué par erreur Christine Planté. Erreur que reprend Heinich qui montre par là qu’elle n’a, de toute évidence, jamais eu le livre entre les mains.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="font-family: georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Aux erreurs philologiques et chronologiques, viennent s’ajouter les &lt;/span&gt;&lt;i style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;erreurs onomastiques&lt;/i&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;, qui trahissent une absence complète de familiarité avec le sujet. Ainsi, l’auteur de &lt;/span&gt;&lt;i style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Ravage &lt;/i&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;n’est pas Henri Barjavel, comme le répète à deux reprises Heinich (p. 333 et 365), mais René Barjavel. L’auteur de &lt;/span&gt;&lt;st1:personname style="color: rgb(0, 0, 0);" productid="La Vie" st="on"&gt;&lt;i style=""&gt;La Vie&lt;/i&gt;&lt;/st1:personname&gt;&lt;i style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; quotidienne des artistes français au &lt;span style="font-variant: small-caps;"&gt;xix&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle&lt;/i&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; n’est pas davantage Jean Lethève, mais Jacques Lethève (p. 53, 105, 357). Heinich mentionne également un certain Deznoyer (p. 163, 363), qui serait l’auteur du drame intitulé &lt;/span&gt;&lt;i style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Caravage 1599&lt;/i&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;, alors qu’il s’agit plus exactement de&lt;/span&gt;&lt;i style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; &lt;/i&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Desnoyer. Notons que ce Deznoyer, tout comme un certain Collin d’Harleville, sont les deux seuls auteurs à apparaître dans l’index sans leur prénom, ce qui n’est pas étonnant puisque Heinich reprend toutes ces références chez Diaz où le prénom était également absent. Plus loin, Heinich commentant un passage d’&lt;/span&gt;&lt;i style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Illusions perdues&lt;/i&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; évoque le personnage de « David Sénard » (p.265), et non David Séchard, tant et si bien que l’on ne peut pas faire autrement que de se demander si Heinich a vraiment lu&lt;/span&gt;&lt;i style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; Illusions perdues&lt;/i&gt;. &lt;i style=""&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p face="georgia" class="MsoNormal"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SurRyMyiwxI/AAAAAAAACwk/7xxI9lrRhSs/s1600-h/Balzac+Illusiosn+perdues.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 197px; height: 320px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SurRyMyiwxI/AAAAAAAACwk/7xxI9lrRhSs/s320/Balzac+Illusiosn+perdues.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5398357763713843986" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-size:100%;" &gt;Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que je constate de telles approximations. Dans &lt;i style=""&gt;États de femme&lt;/i&gt;, Heinich transformait bizarrement le personnage de Perdican d’&lt;i style=""&gt;On ne badine pas avec l’amour &lt;/i&gt;en un étrange « Pélican » (1996, p. 189). Mais Nathalie Heinich dira sûrement que j’ergote…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: georgia;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Voilà, pour faire court, ce que Nathalie Heinich fait à la sociologie. Et il faudrait après écouter ses bons conseils ? En 19 ans, Heinich a publié &lt;st1:metricconverter productid="27 livres" st="on"&gt;27 livres&lt;/st1:metricconverter&gt; et plus de 250 articles. Cela fait une moyenne de près de &lt;st1:metricconverter productid="1,4 livre" st="on"&gt;1,4 livre&lt;/st1:metricconverter&gt; par an et plus d’un article par mois. Les livres sont d’importance ou de nature inégale, il est vrai, de même que les articles. Mais ces chiffres nous donnent une idée assez précise de ce à quoi conduit la frénésie des publications : erreurs en grand nombre, refus de la recherche proprement dite (notamment dans le cas des vaudevilles), démarquages grossiers, épistémologie de façade. On sait bien que pour survivre dans le monde de la science, il faut publier. On dit d’ailleurs : &lt;i style=""&gt;publish or perish&lt;/i&gt;. Mais ceux qui publient n’importe quoi à n’importe quel prix finissent par lier le &lt;i style=""&gt;publish&lt;/i&gt; au &lt;i style=""&gt;perish&lt;/i&gt; et s’exposent ainsi à une mort scientifique, comme l’illustre très bien le cas de Nathalie Heinich qui, en quelques années, est devenue la risée de la grande majorité de ses collègues.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p face="georgia" style="color: rgb(0, 0, 0);" class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Pour lire la réponse de Nathalie Heinich, cliquez sur la zone commentaires de ce post. Pour lire ma réponse à sa réponse, merci de vous reporter au 15 novembre ou de cliquer &lt;a href="http://italiansbetter.blogspot.com/2009/11/quand-heinich-panique.html"&gt;ici.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/737088949471786834-7211351489532488180?l=italiansbetter.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://italiansbetter.blogspot.com/feeds/7211351489532488180/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=737088949471786834&amp;postID=7211351489532488180' title='27 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/737088949471786834/posts/default/7211351489532488180'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/737088949471786834/posts/default/7211351489532488180'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://italiansbetter.blogspot.com/2009/10/nathalie-heinich-le-betisier-de-la.html' title='Nathalie Heinich : le bêtisier de la sociologue'/><author><name>Tintin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17605516034841648923</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_RZgdDgHR7t0/SuqdblPRptI/AAAAAAAACwM/xJIv196cVjc/s72-c/B%C3%AAtisier+005.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>27</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-737088949471786834.post-210003502043383462</id><published>1999-01-27T23:54:00.007+01:00</published><updated>2010-07-04T15:03:57.460+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Nathalie Heinich'/><title type='text'>Nathalie Heinich contre le PACS</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;a href="http://italiansbetter.blogspot.com/2009/11/quand-heinich-panique.html"&gt;Comme je l'explique ailleurs&lt;/a&gt;, la lettre ouverte de Nathalie Heinich contre le Pacs est introuvable sur Internet. Je la publie sur mon blog pour montrer que cette chercheuse n'est pas aussi "neutre" axiologiquement qu'elle le prétend.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;HORIZONS - DEBATS Le Monde, 27 janvier 1999&lt;br /&gt;&lt;span&gt;Ne laissons pas la critique du PACS à la droite !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;NOUS sommes nombreux à avoir salué la volonté du gouvernement de mettre un terme au déni juridique de l'existence des couples homosexuels. Mais nous ne pouvons accepter que les débats parlementaires sur le pacte civil de solidarité (PACS) se réduisent à des manoeuvres, des recours à la culpabilité ou des chantages à l'excommunication, alors que s'y jouent des bouleversements fondamentaux dans l'organisation des structures imaginaires et symboliques de toute une société. &lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Faut-il que la seule opposition à ce projet prenne la forme des tentatives d'obstruction systématique par la droite, et que sous prétexte de ne pas faire perdre la face à la gauche on fasse passer en force un texte de loi mal reçu parce que, pour l'essentiel, mal pensé ? &lt;/span&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Nous sommes conscients de la nécessité de corriger des injustices et des incohérences en facilitant la vie des concubins, hétérosexuels et homosexuels. Mais nous savons aussi - des experts l'ont clairement montré - que cela est possible par des réformes juridiques et fiscales, étendues aux couples homosexuels. Devons-nous accepter sans discussion, sous peine de nous voir traités d'homophobes ou de défenseurs bornés de la famille chrétienne, qu'au nom de ces nécessaires réformes soit imposée une nouvelle forme d'union légale, compromis boiteux entre désir de reconnaissance institutionnelle et désir de libre choix individuel, mêlant les couples qui ne veulent pas se marier avec ceux qui ne le peuvent pas, et, pourquoi pas, avec ceux qui n'ont pas le droit de faire couple parce que frères et soeurs ? &lt;/span&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Faut-il faire comme s'il allait de soi qu'un choix de vie sexuelle doive faire l'objet d'une reconnaissance institutionnelle ? &lt;/span&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Et pour ces derniers, à la condition qu'ils ne soient que deux, formant une paire et pas davantage (ce qui est illogique si le PACS n'est pas bâti sur le modèle du mariage), mais au risque alors que la loi, traitant des paires de consanguins comme des couples, cesse ainsi de marquer symboliquement l'interdit de l'inceste entre frères et soeurs, ou bien que, le contrat civil entre plusieurs partenaires de même sang étant admis, ce soit du même coup la barrière légale contre la polygamie qui tombe ? &lt;/span&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;En quoi le Collectif pour le PACS, défendant une option politique et juridique parmi d'autres, peut-il être considéré comme le représentant de l'ensemble des homosexuels ainsi que de l'ensemble des concubins hétérosexuels, qui n'ont jamais été consultés, voire de nous tous, qui sommes concernés puisque le PACS change la donne pour tout le monde, y compris pour les générations futures ? Doit-on accepter sans discussion cette innovation juridique consistant à autoriser la rupture unilatérale d'un contrat sans aucune contrepartie ? Faut-il faire comme s'il allait de soi qu'un choix de vie sexuelle doive faire l'objet d'une reconnaissance institutionnelle ? Doit-on trouver normal que toute différence soit traitée comme une discrimination et que ceux qui choisissent ou assument de vivre une différence exigent en même temps que celle-ci soit neutralisée au nom de l'égalité ? &lt;/span&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Faut-il donner force de loi à cette injonction paradoxale, devenue aussi répandue que destructrice, consistant à exiger d'une autorité qu'elle prenne en charge et reprenne à son compte les manifestations de résistance ou de délégitimation de cette même autorité ? Et devra-t-on bientôt inventer un énième statut pour ceux qui ne manqueront pas de trouver le PACS insuffisamment institutionnel et voudront le rapprocher du mariage ? Pourquoi, enfin, s'entêter à vouloir résoudre un problème qui exige la clarté par une solution non seulement confuse mais aussi perverse, parce que contradictoire et risquant de créer beaucoup plus de situations problématiques qu'elle n'en évitera ? &lt;/span&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Poser ces questions ne nous paraît pas, bien au contraire, contraire aux valeurs de gauche défendues par nos élus, et c'est une exigence minimale de la démocratie qu'elles soient sérieusement et publiquement discutées. &lt;/span&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;C'est pourquoi nous demandons qu'avant une décision irréversible un débat de fond soit mené sur le PACS, qui suspende les querelles politiciennes et les pressions partisanes au profit d'une véritable réflexion, où les représentants politiques n'oublieraient pas qu'ils sont d'abord au service de l'intérêt général. &lt;/span&gt; &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Caroline Eliacheff est psychanalyste. Antoine Garapon est magistrat. Nathalie Heinich est sociologue (CNRS). Françoise Héritier est anthropologue, professeur au Collège de France. Aldo Naouri est pédiatre. Paul Veyne est historien, professeur au Collège de France. Heinz Wismann est philosophe (Ecole des hautes études en sciences sociales).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/737088949471786834-210003502043383462?l=italiansbetter.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://italiansbetter.blogspot.com/feeds/210003502043383462/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=737088949471786834&amp;postID=210003502043383462' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/737088949471786834/posts/default/210003502043383462'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/737088949471786834/posts/default/210003502043383462'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://italiansbetter.blogspot.com/1999/01/nathalie-heinich-contre-le-pacs.html' title='Nathalie Heinich contre le PACS'/><author><name>Tintin</name><uri>http://www.blogger.com/profile/17605516034841648923</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry></feed>
